la force montante

Publié le 7 Avril 2012

programme.jpgLes programmes des candidats à l'élection présidentielle laissent ébahis la presse financière américaine. Car au fond ils se ressemblent sur bien des points, effets de mode et de manches obligent.

Tous affichent une démagogique intention de taxer les riches, dans une course effrénée à celui qui tapera le plus fort. Sarkozy avait aussi cette intention en 2002, mais comme le rédacteur du programme électoral n'a pas été son exécuteur, c'est le bouclier fiscal qui a été la mesure phare du début de mandat !

Tous affichent leur intention d'ajouter une dose plus ou moins forte de protectionnisme aux échanges internationaux, sans qu'aucun dise les mesures concrètes qu'il envisage, que l'appartenance à l'UE interdit d'ailleurs.

Tous affichent leur volonté d'accroître la sécurité, sans vouloir se rendre compte que ce n'est pas le problème n°1 pour une grande majorité de français.

Aucun ne parle de ce qui intéresse le plus les français, le chômage, le pouvoir d'achat, la fatigue au travail, le logement.

Tous dépensent des dizaines de milliards d'euros, alors que le moment n'y paraît guère propice.

Sarkozy monte, Hollande descend, Mélenchon explose, Le Pen vivote, les autres n'existent pas.

Mais il y une force qui semble monter, et dont on parle peu, sauf dans un récent sondage.

C'est celle des abstentionnistes, qui pourrait représenter un tiers des inscrits.

Quoiqu'on en dise, l'abstention a un sens politique, davantage même que le vote blanc ou nul.

L'abstentionniste, c'est celui qui ne croit plus à la politique. Qui ne croit plus dans les paroles et promesses de leurs représentants, qui ne se sentent pas concernés par leurs programmes, qui ont le sentiment d'être des laissés-pour-compte, que rien ne peut changer pour eux.

C'est la caissière d'hypermarché, payée au minimum syndical, pas à temps plein, et qui voit se profiler la suppression de son poste, qui sera bientôt tenu par les clients eux-mêmes, comme c'est déjà le cas chez Décathlon !

Ce sont tous ces jeunes peu ou pas diplômés, qui n'arrivent pas à trouver d'emploi, et galèrent d'intérim en CDD, en passant par la case Pôle emploi. Comme  leurs collègues diplômés, qui entassent CDD sur CDD avant de trouver enfin, mais pas tout le temps, le CDI qui était la règle pour leurs parents.

Ce sont tous ces ouvriers et employés qui voient leurs usines fermer, ou leurs postes délocalisés, sans espoir véritable de reclassement. Le cas Lejaby est exceptionnel, on sait que face à ces millions de postes supprimés, c'est l'indifférence qui est la règle depuis des décennies.

Les politiques veulent nous faire croire qu'ils sont omnipotents et qu'ils ont pouvoir de tout nous promettre. Mitterrand voulait changer la vie, le programme commun de la gauche, très généreux, a été appliqué. La vie n'a pas changé.

Le monde se durcit, l'univers de l'entreprise évolue vers l'impitoyable, la déshumanisation se généralise.

A cela, le politique ne peut rien, quelque soit la sincérité des engagements.

Avec la mondialisation, l'économique et le financier ont pris le pas sur le politique. Et avec eux, les marchés, qui imposent aux entreprises des exigences qui dégradent l'environnement de travail, accentuent les écarts de revenus, abolissent les consensus, et qui portent profit et productivité au rang de valeur unique.

Pour ceux que ce monde laisse au bord du chemin, ou qui ne se sentent pas armés pour l'affronter durablement, le sentiment d'impuissance des gouvernants est une évidence.

L'abstention est leur réponse d'aujourd'hui. Quelle sera-t-elle demain?

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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