la folie de l'immobilier

Publié le 5 Mars 2011

L'immobilier ne connait pas la crise !

immeuble haussmannA Paris, le prix des logements anciens atteint un record historique : 7330€ le prix moyen du m2 en 2010. C'est 18% de plus qu'en 2009, qu'on pourra comparer avec l'évolution des salaires de cette même année!

On retrouve des évolutions du même ordre dans la petite couronne parisienne, elles sont un peu amorties dans la grande couronne et les grandes villes de province.

La hausse se poursuit, puisqu'en février 2011 le prix moyen du m2 parisien s'établit à 7600€.

Les arbres ne montent pas jusqu'au ciel, dit-on. Alors à quand la crise? Les experts ne la prévoient pas, mais les experts prévoient-ils jamais les crises? Ils ne savent guère plus qu'extrapoler les évolutions passées. Quant aux professionnels, ils se montrent rassurants, parce qu'ils veulent se rassurer eux-mêmes.

On nous dit que ce sont les acheteurs français qui font monter les prix, dopés par des taux bas et les prêts à taux zéro. Soulignons tout de même que si les taux restent encore à des niveaux modestes, les 4% ou plus que l'on rencontre aujourd'hui sont un doublement ou presque des taux pratiqués il y a quelques mois. Et la tendance reste haussière.

Alors crise prochaîne, ou pas?

L'offre à Paris reste rare, et on sait que ce qui est rare est cher. Et on voit mal comment développer le parc immobilier parisien.

Mais le nombre d'acheteurs qui auront la capacité d'acheter va aussi se raréfier. En 20 ans, le coût de l'immobilier parisien a été quasiment multiplié par 5. Sur la même duré, le smic a été multiplié par 1,8. Certes ce ne sont pas les smicards qui achètent à Paris, mais la hausse des salaires est plus proche de celle du smic que de celle de l'immobilier.

Un marché se retourne quand une de ses composantes, l'offre ou la demande, connaît un retournement. La diminution du nombre d'acheteurs solvables est un de ces facteurs, et le marché se retournera lorsque le nombre d'acheteurs potentiels ayant la capacité financière d'acheter diminuera. Deux salaires de cadres supérieur ne suffisent pas à acquérir 80m2 au prix moyen de 600 000€, sauf si c'est une troisième ou quatrième acquisition. Seuls ne pourront acheter à Paris que les cadres dirigeants et salariés type traders, aux rémunérations boostées par les bonus et stock-options, quelques artistes, les rares joueurs de foot et sportifs encore domiciliés en France, quelques prof lib. Le relais par des acheteurs étrangers pourrait venir en compensation et éviter le retournement, même si rien n'y fait croire aujourd'hui.

Un autre élément peut venir contrarier la loi de l'offre et de la demande. Dans des communes de Seine-Saint Denis, certains maires, communistes, interviennent pour empêcher les prix de s'envoler, et menacent d'appréhender le bien si les vendeurs ne revoient pas leur prix à la baisse. Cette pratique est évidemment impopulaire auprès des vendeurs, elle a longtemps été critiquée à droite comme à gauche, mais beaucoup aujourd'hui commencent à s'y intéresser.

Car le prix actuel de l'immobilier francilien, comme dans toutes les grandes villes du monde, est un des plus grands problèmes qui se pose  à nos dirigeants, un de ces problèmes lancinants que tout le monde pose depuis des décennies, et qui ne fait que s'aggraver de jour en jour. On  doit regretter l'impuissance du politique sur nombre de sujets fondamentaux de cet ordre.

On va donc continuer à contraindre les gens à habiter de plus en plus en plus loin de leur lieu de travail, dans des appartements de plus en plus petits,  situés dans des environnements sans âme, quand ils ne sont pas hostiles, générant un coût pour la collectivité de plus en plus grand.

Car si crise il peut y avoir, la tendance restera haussière, toutes choses égales par ailleurs.

Un modèle aux conséquences absurdes.

Cela doit nous interpeler, et nous faire nous interroger sur la pertinence d'un modèle économique et social qui entraîne la désertification des campagnes et des villes moyennes, au profit exclusif de quelques grandes métropoles incapables de loger dans des conditions correctes et financièrement acceptables les nouveaux habitants, comme une bonne partie aussi des anciens.

bidonville.jpgbidonville-.jpgOn est parti pour que, bientôt, 80% de la population mondiale vive dans les villes. Une bonne part s'entassera dans ces monstrueuses mégalopoles d'Asie, d'Afrique et d'Amérique, qui ne peuvent offrir que des logements de misère et des bidonvilles (voir le superbe diaporama) aux millions d'habitants qui viennent y chercher l'espérance, et n'y trouvent qu' insalubrité, délinquance, violence, inhumanité.

On n'en est pas là en Ile de France, mais les conditions de vie du francilien moyen , parqué dans des banlieues de plus en plus éloignées, ne vont pas aller en progressant. Peu probable  que la civilisation urbaine, même sans bidonvilles, sache assurer aux hommes plus de bonheur que la société rurale.

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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