la finance sans valeur

Publié le 21 Février 2011

Le monde de la finance est sans valeur. Et malheureusement les politiques ne se comportent pas autrement.
 
Il y a quelques semaines encore, les pays arabes d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient bénéficiaient des meilleures notations par les grands organismes internationaux de notation. Ceux-là même qui n'ont rien vu des surprimes, et encore moins de la crise du même nom.
Mais ils continuent à sévir, car les marchés ont besoin d'une référence qui les rassure, et leur évite d'avoir à faire leur propre analyse. Donc tout le monde s'aligne sur trois organismes à la compétence aléatoire, entraînant les mêmes appréciations des situations, et des comportements panurgiens.
Ces organismes n'aiment pas l'incertitude. Ils appréciaient donc les dictatures, et haissent les troubles actuels. Ils réagissent négativement aux velléités démocratiques des pays sous dictature.
libye.jpgLa conséquence est que les pays en question voient ou vont voir leur notation dépréciée. C'est le cas de la Libye, que Fitch vient de déclasser, même si le pays est économiquement et financièrement solide, avec ses immenses réserves pétrolières.
Le déclassement signifie un recours plus difficile aux financements et une augmentation de leurs coûts, parce que prêter à la Libye va être estimé plus risqué, et demandera davantage de capitaux propres. Cela veut dire que les organismes de notation ajoutent aux tueries des dictateurs des difficultés économiques pour le pays et ses habitants.
La finance est contre tout changement, même démocratique.
Le monde de la finance est d'une frilosité affigeante. Reproduisant le comportement des organismes de notation, toutes les bourses aujourd'hui sont en baisse, parce que les peuples arabes réagissent enfin contre leurs dirigeants dictateurs. Que la perspective de voir tomber Kadhafi fasse chuter l'ensemble des marchés financiers mondiaux en dit long sur l'imbécilité d'une autre dictature, celle de la finance internationale.
Si cela est humainement scandaleux, est-ce au moins justifié financièrement ? Autrement dit, le risque de non-remboursement des libyens de leurs dettes, faibles par ailleurs, est-il réellement plus fort parce que le dictateur est remis en question ?
Evidemment non, il n'y a pas d'exemple de pays devenus insolvables du seul fait d'une révolution, démocratique ou non, et l'attitude des organismes internationaux, émanation des riches démocraties occidentales, n'est pas à l' honneur de ces dernières.
Le monde de la finance est un monde sans valeur, c'est malheureusement cette image là qui est portée de l'Occident. Et les politiques ne sont pas là pour la redresser, qui se montrent tous réservés, pour le moins, vis à vis des manifestations populaires.
Là comme ailleurs, le décalage est grand entre le monde financier et politique, très en retrait des changements qui se préparent, et les opinions citoyennes, heureuses des perspectives démocratiques qui s'ouvrent à de nombreux pays. Alors que c'est l'enthousiasme qui devrait dominer, c'est un message de crainte et de frilosité que nous passent nos leaders politiques et financiers. Désolant !

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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