La chapelle expiatoire

Publié le 28 Janvier 2011

Monument peu connu des parisiens, situé pourtant en plein coeur de Paris, à 200 mètres de la gare St Lazare, en bordure du boulevard Haussmann.

Je connaissais depuis longtemps l'existence de ce monument pour avoir travaillé dans le quartier  pendant une certaine époque. Je ne l'avais pas pour autant visité, manque de temps évidemment. Pourtant il avait piqué ma curiosité, par son caractère qu'on pourrait qualifier, en prime abord, incongru.

Incongruité qui en a fait un monument mal aimé, puisque construit à la demande de Louis XVIII, à la restauration, à la mémoire et en expiation de la mort de Louis XVI, son frère. Pas trop politiquement correct, donc.

La construction en sera confiée à l'architecte Fontaine, ancien architecte de Napoléon; elle sera achevée sous Charles X en 1826.

cimetieremadeleine-1814.JPGQuand la construction commence, ce quartier, aujourd'hui d'affaires, est la campagne. Haussmann n'est pas encore à l'oeuvre. A l'endroit de la chapelle est un cimetière (ci-contre), le cimetière de la Madeleine, rattaché à la paroisse du même nom. Même paroisse qu'aujourd'hui, mais pas la même église bien sûr.

Le cimetière n'a pas beaucoup de "clients", parce que l'église est loin, et à l'époque on n'aime pas laisser ses morts loin de l'église. Alors pour le remplir, il va être utilisé comme charnier. C'est ainsi qu'on y jettera les 132 morts consécutifs à la bousculade  qui s'est produite à l'occasion du mariage de Louis XVI et de Marie-Antoinette. On y jettera aussi les 300 cadavres de gardes-suisse, attachés au palais des Tuileries, et qui furent massacrés par les parisiens lors de la prise des Tuileries du 10 août 1792. On y jettera encore les premières victimes de la révolution, avant que le population demande l'ouverture d'un nouveau charnier (qui sera à l'emplacement de l'actuel métro Villiers) en mars 1794. Il faut dire qu'avec la croissance du rythme des exécutions, c'était trente corps qui pouvaient être amenés chaque jour, jetés dans la fosse, recouverts seulement d'un peu de chaux. Le dernier corps qui y sera jeté sera celui d' Hébert, le propriétaire du célèbre journal le Père Duchesne.

Fontaine a bâti un monument d'une grande sobriété dans un style néoclassique. Situé dans le square Pasquier, il comprend un hall d'entrée donnant sur un jardin suspendu au fond duquel se tient la chapelle à laquelle on accède par quelques marches.

 Accès par la rue Pasquier
 Chapelle et jardin suspendu
 Chapelle expiatoire
P1030608.jpg P1030606 P1030604.jpg

Dans la chapelle, un marbre au sol, des bas-reliefs sur les murs rappelant notamment la renaissance et le temps qui passe, et deux statues en marbre qui se font face, l'une représentant Louis XVI, par Joseph Bosio, l'autre Marie-Antoinette, par Jean-Pierre Cortot, tous deux face à un ange à qui ils implorent l'accès au paradis.

P1030599.jpg P1030596.jpg P1030600.jpg P1030597.jpg

Sur le socle des statues, on peut lire les testaments rédigés par Louis XVI et Marie-Antoinette quelques jours avant leur  exécution, et pour Marie-Antoinette, après sa condamnation à mort.

La chapelle aujourd'hui n'est plus consacrée. Des concerts y sont parfois donnés.

Elle est monument historique depuis 1914, après avoir été promise à la démolition pendant la commune. La décision ne sera pas exécutée en raison de soucis budgétaires de l'Etat.

Rédigé par jdio

Publié dans #escapades

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article