l'origine du mal

Publié le 10 Août 2011

Après avoir dévissé de près de 20%, les bourses se stabilisent .

Une paix relative semble être revenue. Pour combien de temps?

 

fed.jpgObama et la FED se sont engagés à ce que les taux d'intérêt, historiquement formidablement bas, n'augmentent pas d'ici 2013.

C'est évidemment le genre d'engagements qui n'engagent que ceux qui les écoutent.

Les marchés ont cependant bien réagi, parce que des taux bas sont propices à la croissance.

Seulement le déclassement de la note de la dette américaine et la situation financière des EU ne prédisposent pas à offrir une faible rémunération à ses prêteurs. Si demain les créanciers étrangers doutent, et réclament une plus forte rémunération sur des créances notées plus risquées, il faudra bien y accéder. Un taux d'intérêt ne se décrète pas.

Plus fondamental encore, la publication des chiffres du commerce extérieur de la France et de l'Europe confirment l'origine du  mal profond de nos économies, et leur mort annoncée si l'Europe est incapable de réagir (même problème, pour les EU).

La balance commerciale française affiche un déficit de 37,5 milliards d'euros pour le premier semestre 2011 (La Tribune du 8 août). Plus grave, nos exportations reposent sur quelques grands secteurs, fragiles à moyen terme. L'armement d'abord, secteur traditionnel de la France, qui devrait voir sa croissance future limitée en raison des difficultés budgétaires des États, mais aussi des préoccupations éthiques pour les ventes aux pays les plus pauvres, et l'aviation et les transports, secteurs cycliques, et qui demain seront concurrencés par les les fabrications de nos clients d'aujourd'hui.

Pour l'ensemble de la zone euro, le déficit commercial s'est élevé à 15,9 milliards d'euros pour le mois d'avril, confirmant la maladie dont souffre l'occident, et qui pourrait le conduire à sa perte.

La dette, conséquence des déficits commerciaux.

Car la fameuse dette dont tout le monde parle a sa source dans cette perte de compétitivité des économies américaine et européennes. Il faut bien financer les déficits des balances commerciales.

Tant qu'on n'aura pas trouvé une réponse à cette faiblesse structurelle, tous les bricolages financiers que l'on mettra en oeuvre, aussi nécessaires seront-ils, ne seront que des baumes apaisants, dont il faudra sans cesse se pommader, avant qu'ils ne soient totalement inefficaces, ou qu'ils génèrent des allergies !

Les clés sont du ressort du moyen et long terme, ce qui n'est pas la durée de prédilection des politiques, et passent par un retour à des politiques industrielles volontaristes, favorisant l'emploi en France et en Europe, stimulant la recherche/développement, mettant en oeuvre un protectionnisme réfléchi. Finis les grands dogmes de Bruxelles et de l'OMC sur les bienfaits de l'ouverture à tout va de nos marchés.

Le tout dans un contexte de politique budgétaire sérieuse, ce qui veut dire en clair baisse des dépenses et augmentation des recettes (fiscales).

Avec 10% de la population active au chômage, un pouvoir d'achat des français en berne depuis des années, un consensus social mou sous l'effet de l'accroissement des inégalités, souhaitons un bon courage à nos candidats à la présidentielle, de plus en plus nombreux !

Inconscience ou masochisme ?

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Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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