les objectifs manqués de l'euro

Publié le 14 Mars 2012

Avec la faillite de la Grèce, l'euro a manqué ses objectifs.

En demandant à ses créanciers de passer par pertes et profits 75% de leurs créances, la Grèce a fait défaut.

Dire que les mesures prises et notamment l’aide de 130 milliards d’euros a évité la faillite de la Grèce est un leurre. La Grèce n’a pas pu faire face à ses échéances, et ses créanciers resteront définitivement non remboursés.

Un pdg remercié d’une grande banque aurait pu dire qu’après la faillite de la Grèce « rien ne sera plus comme avant ». Car le défaut d’un pays est extrêmement rare, et dans l’histoire récente, seule l’Argentine avait imposé à ses créanciers la perte pure et simple.

Ce n’est pas une mince nouvelle que la deuxième grande faillite soit celle d’un pays européen, fondateur de notre civilisation qui plus est, membre de l'UE et de la zone euro depuis sa création.

On peut affirmer que l'euro a failli à ses objectifs initiaux :

euro-craque-copie-1.jpgApporter à l’Europe une devise stable. Si l'euro est relativement stable depuis plusieurs années, il l'est à un cours 30% plus élevé que le cours de départ. Cela peut certes flatter l’ego de banquiers centraux ou de ministres et chefs d'Etats, mais cela a contribué pour une bonne part à enfoncer les pays européens dans les déficits commerciaux, et à pénaliser encore plus l’Europe face à la concurrence des pays à bas coûts. Il est incontestable que l’euro a une part de responsabilité importante dans la perte de compétitivité de l’Europe, qui est son problème majeur aujourd’hui.

Apporter stabilité et prospérité. On a vu ces derniers temps à quel point c’était illusoire. La croissance économique à l’intérieur de la zone se fait au profit des plus forts, les plus faibles étant condamnés à la récession, et donc au chômage, à défaut de mobilité géographique des populations. Et la plupart des pays européens se trouvent en récession ou en voie de l'être, avec des taux de chômage inégalés.

Assainir les finances publiques. On a vu que le dérapage était une constante de tous les pays, y compris les plus performants. L’endettement des États est passé d’une trentaine de % du Pib à 80 à 100% pour les meilleurs, plus de 200% pour les moins bons. Un État a connu la faillite, d’autres n’en sont pas très loin, pour tous le remboursement de la dette et la charge d’intérêt y afférente hypothèquent l’avenir.

Il reste la commodité d'une monnaie unique pour les transactions commerciales ou les touristes, une stabilité du cours de change sans doute plus grande que par le passé, surtout pour les pays à monnaie faible, mais au prix, on l'a vu, de croissance molle et de chômage.

Une condition initiale non respectée.

Une condition était fixée par les fondateurs de l'euro : l'harmonisation des politiques économiques et budgétaires des États membres, concrétisée par le traité de Maastricht qui fixait des critères que les Etats avaient l'obligation de respecter.  Ils ne l'ont jamais été, la souveraineté des États est restée entière, amenant la planète financière, emmenée par des hedges funds avides de gains faciles, à la défiance et aux attaques qu'on a vues.

Le monde sait aujourd'hui qu'un pays européen membre de l'euro peut faire faillite.

Pas certain qu'il en était si sûr avant la création de l'euro. Pas certain non plus que la leçon sera apprise, et qu'on aura la sagesse de respecter ces fameux critères de Maastricht, si contraignants et si lourds de conséquences sociales que tous les États s'en sont libérés.

 

 

 

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Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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