l'amoralité des banques

Publié le 19 Juillet 2012

La mondialisation a permis aux banques d'échapper à la stagnation. Mais à quel prix pour le monde !

Au début des années 80, la banque occidentale était un secteur mature, opérant sur un marché saturé, car bancarisé. Elle avait à faire face à l' informatisation inévitable de ses activités, destructrice potentielle d’emplois, qui faisait titrer un célèbre aricle du Monde « La banque, sidérurgie de demain », suite au célèbre rapport Nora/Minc.

Et puis la libéralisation / mondialisation est arrivée, avec le développement sans frein ni contrôle des activités financières de marché, qu'on a appelé pudiquement d’investissement, parce que c’était plus présentable que « spéculation ».

Cela a apporté au secteur bancaire un essor inespéré, et pendant un quart de siècle, de secteur pépère et vieillissant, la banque est devenue un secteur dynamique et porteur. Les cours de bourse ont explosé, enrichissant les actionnaires, dont les salariés et détenteurs de stock-options.

Les quelques augures qui ont décelé des dangers dans cette financiarisation galopante de l’économie,  qui se sont interrogés sur la réalité économique des fabuleux profits dégagés, ou qui restaient dubitatifs sur l’utilité économique de ces activités, ont été pris pour des empêcheurs de profiter en rond, des gens du passé incapables de comprendre le monde moderne.

"Je ne comprends rien à tes activités" disait un PDG à son directeur de la banque d'Investissement. Combien de pdg de banques auraient pu dire cela? 

Et puis la bulle financière a éclaté, comme c’est le destin de toutes les bulles.

La faillite d’une des stars de la banque d’investissement, Lehmann, a causé une crise mondiale dont le monde ne s’est pas encore remis.

sgkerviel.jpgL’affaire Kerviel qui a failli faire tomber la SG, suivie d'autres semblables chez UBS, City, ou d'escroqueries à la Mardoff, ont montré les énormes failles du système, et les négligences que l’appât du gain peut générer.

Les manipulations du Libor opérées par Barclays et ses complices ont prouvé l’immoralité totale de la banque de spéculation, comme les aveux de la présidente de HSBC US, obligée de faire amende honorable après les colossales opérations de blanchiment passées au travers des mailles du filet de la banque. Les gains monstrueux faits par Goldman Sachs et des comparses sur la dette grecque, jouée à la baisse alors que GS était banque conseil de l'Etat grec, ont démontré, mais il n'en était plus besoin, que la banque est devenue un secteur sans foi ni loi, qui a changé le monde dans le mauvais sens, et qui est devenue, sous l’effet de la mondialisation et de la multiplication des paradis fiscaux, totalement incontrôlée et incontrôlable dans l'état actuel du monde.

Il est urgent d'agir.

Il est grand temps que les Etats se mettent à l’unisson pour démanteler puis contrôler ces empires financiers, qui aujourd’hui sont cause de récession, et qui sont prêts, pur peu qu’ils sentent que c’est leur intérêt à court terme, de conduire le monde à sa perte.

Une première mesure d’urgence serait la séparation juridique, économique et capitalistique des activités de marché et de banque de détail, avec pour ces dernières, l'interdiction de réaliser des opérations pour compte propre. Cela rendra peu attractives les valeurs boursières du secteur de la banque de détail, mais c'est le prix à payer pour que la folie du gain et l'aveuglement de quelques uns cessent de le mettre en danger, avec les énormes conséquences que peut avoir une faillite de banque.

Il faudra ensuite réglementer et contrôler la nébuleuse des opérations de marché, auxquelles bien peu comprennent quelque chose. Ce sera une autre paire de manche.

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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