il monte ... il monte

Publié le 19 Mars 2012

Le candidat qui monte ... qui monte, c'est Mélenchon.

Déjà plus de 10% des intentions de vote, une manifestation à la Bastille qui a attiré des dizaines de milliers de personnes, peut-être pas 120 000 comme le prétendent les organisateurs, mais largement plus des 30 000 que Mélanchon n'osait espérer.

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Il profite de la faible attirance des verts, scotchée par une Eva Joly peu charismatique et une écologie dépriorisée par l'opinion en cette période de crise et d'incertitude.

Il profite de l'absence d'Olivier Besancenot, dont le remplaçant n'a pas le charisme ni le potentiel de sympathie.

Il attire aussi cette France populaire qui se sent écartée des grands débats politiques, et qui ne croit plus guère dans les discours des grands candidats.

Mais au-delà de ça, Mélenchon incarne l'opposition à un système économique mondial dont les crises récentes à répétition montrent les contradictions et les limites.

Une course aux profits destructrice des valeurs humaines d'une part, entraînant les entreprises dans une course sans fin à la productivité, passant par une déshumanisation et une perte de sens du travail dans des entreprises de plus en plus grandes, un stress croissant, une peur permanente de fermeture ou délocalisation.

Une course à la production d'autre part, d'autant plus forte que la productivité augmente, nécessaire au maintien de l'emploi, signifiant course à la consommation, destruction de matières premières rares, dégradation irréparable de l'environnement, matérialisation croissante de la société.

Mélenchon n'a évidemment pas la réponse à ces questions. Mais dans le débat politique, il est le seul des "grands candidats" à poser le problème en terme d'alternance à un système économique mondial, dont tout le monde sent bien qu'il conduit dans le mur.

A court terme, le problème n°1 de la France, c'est bien l'emploi, dont la solution passe par l'amélioration de la compétitivité des entreprises, et un peu plus de citoyenneté de la part des entreprises, notamment les grandes, et des consommateurs.

Mais à plus long terme, on voit mal aujourd'hui comment la Terre pourrait supporter un train de vie occidental généralisé à l'ensemble de la planète.

Un autre modèle économique est à trouver. Mélenchon n'en détient certes pas la clé, des décennies passeront avant que des alternatives soient imaginables. Mais c'est peut-être le seul qui se situe dans cette perspective, se plaçant en porte-à-faux avec un système économique qu'il réprouve.

Passéiste pour ceux qui ne voient pas d'alternative au système capitaliste productiviste, traçant une voie d'espoir peut-être pour d'autres. 

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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