génocide(s)

Publié le 24 Décembre 2011

Rien ne va plus avec la Turquie.

On peut se demander aussi ce qui a pris à la poignée de députés marseillais de vouloir faire voter une telle loi, qui prévoit des sanctions à l'encontre de ceux et celles qui tiendraient des positions laissant à penser qu'ils nient le génocide arménien.

Le génocide est déjà reconnu par la loi. Il a eu lieu en 1915, soit presqu'un siècle.

Est-il pertinent et opportun d'en remettre une couche et réveiller les douleurs et les conflits sur de pareils sujets? Le rôle des politiques n'est-il pas plutôt d'aplanir les sujets conflictuels, et de tenter les réconciliations?

La communauté arménienne est nombreuse à Marseille. On ne peut évidemment s'empêcher de penser que les préoccupations électorales ne sont pas étrangères à la proposition de loi.

genocide.jpgMais n'y a-t-il personne dans les instances dirigeantes du pouvoir qui ne soit capable de rappeler aux élus locaux les vraies préoccupations de la France? Pourquoi, comme toujours, ce débat n'a-t-il amené la présence que de 60 députés, du même bord pour l'essentiel?

En contre-partie, la Turquie accuse la France de génocide en Algérie.

C'est sans doute très exagéré, mais c'est la réponse du berger à la bergère. Une bergère qui a quand même torturé et assassiné en Algérie, même si le terme génocide est sans doute impropre. Mais une bergère qui a une histoire suffisamment lourde pour cesser de faire la morale aux Etats sur leur propre histoire.

Nos bonnes guerres de religion n'étaient pas très loin du génocide. La mise à feu et à sang du Palatinat par les armées de Louis XIV étaient un génocide. Les tueries napoléniennes en furent aussi. Les arrmées révolutionnaires n'en étaient pas loin non plus en Vendée, non plus que les guères coloniales. Et bien d'autres encore sans doute, que notre histoire officielle et policée a pudiquement occulté.

Si tous les Etats doivent s'envoyer à la figure toutes les horreurs qu'ils ont été capables de commettre dans leurs histoires respectives, le relatif apaisement auquel on a assisté dans les relations internationales depuis 60 ans risque fort de régresser. L'électoralisme ne doit pas être le seul moteur d'action des politiques.

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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