fontaine, je ne boirai pas de ton eau?

Publié le 30 Octobre 2011

sarkozy_25.jpgLe candidat libéral Sarkozy ne voulait pas être le président des hausses d'impôts. Le bouclier fiscal devait en être le symbole.

Mais la nécessité de la réalité économique et de la crise internationale a été, et sera, la plus forte : les impôts ont augmenté, et  vont augmenter.

Le gouvernement a multiplié les hausses de prélèvements, fiscaux ou sociaux, partielles, catégorielles, émiettées ou prétendument temporaires. Les dernières en date sont les taxes sur les sodas et les chambres de bonne ! Une cinquantaine de taxes a été inventoriée par un député socialiste, alourdissant et complexifiant une fiscalité, qui n'en avait guère besoin. On peut ajouter à cela l'augmentation régulière de la fiscalité locale, transfert de charges oblige.

Pour les prochaines semaines, attendons-nous à une augmentation de la TVA.

Au total, la pression de la charge fiscale et sociale aura poursuivi sous Sarkozy son inexorable ascension.

 

trichet.jpgJean-Claude Trichet s'en va. Son départ lui libère la parole. Lui qui symbolisait la rigueur, l'euro fort, l'obsession de l'inflation, s'affiche sensible aux messages des "indignés", et affirme son souhait de voir les banques modifier leurs systèmes de valeurs.

Il a raison. Mais que n'a-t-il agi dans ce sens quand il en avait encore le pouvoir ! Trichet restera comme le père la rigueur, enfermé dans ses certitudes, obsédé par un euro qu'il voulait fort, même au prix de perte de compétitivité d'une industrie européenne confrontée à la concurrence des pays à bas coûts de production. Combien d'entreprises sont mortes de ce choix politique de l'euro fort ? Quelle est la responsabilité de l'euro fort dans la faillite de la Grèce, la débâcle de l'Espagne, Portugal, Italie, et d'autres peut-être demain?

 

oudea.jpgL'accord de Bruxelles comprend la recapitalisation les banques. En France, les grandes banques, SG en tête, ne cessent de crier qu'elles n'en ont pas besoin. Et le président de la SG d'ajouter que si le besoin en venait, il pourrait compter sur les bénéfices de la banque et ses actionnaires.

Sauf que si la crise devait entraîner le défaut de plus grands pays que la Grèce, les bénéfices fondraient, et les actionnaires privés ne se précipiteraient pas à souscrire à une augmentation de capital d'une entreprise dont le titre a battu tous les records de baisse en 2011. Pour éviter une panique généralisée des clients et actionnaires, le meilleur instrument pour rétablir la confiance est bien encore le soutien public.

Personne n'avait prévu la crise grecque et ses conséquences, personne n'osait imaginer il y a seulement quelques mois que tous les pays européens, sauf l'Allemagne et quelques pays du nord, seraient décotés ou en voie de l'être. Et personne ne peut être sûr de ce que seront les prochains mois. 

 

Sans oublier l'inénarrable Fillon qui, il y trois semaines, trouvait irresponsable l'idée pour les créanciers de la Grèce d'abandonner tout ou partie de leurs créances.

 

Il ne faut jamais dire "fontaine, je ne boirai pas de ton eau". fontaine.jpg

Cette expression, employée par Cervantes dans son Don Quichotte, rappelle, selon la fable du moyen-âge, ce vieil ivrogne, qui complètement éméché, hurlait à qui voulait l'entendre que jamais de sa vie il ne boirait une goutte d'eau. Mais en rentrant chez lui, ivre, il tombe dans la fontaine, et boit une telle tasse qu'il se noye.

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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