facebook - trop cher ?

Publié le 22 Mai 2012

Facebook a été introduit en bourse pour une valeur estimée de l’entreprise de 104 milliards de dollars.

facebook.jpgC’est la 3ème plus grosse introduction sur le Nasdaq après Visa et General Motors.

C’est un montant considérable, pour une entreprise jeune, son pdg et créateur, Mark Zuckerberg, a 28 ans, au business model incertain, aux résultats financiers à venir, opérant dans un secteur en pleine gestation, où bien malin est celui qui sait ce qu’il sera demain.

A 38$ l’action, la société était cotée trop cher. Ce sont les banques qui portent ce que les investisseurs ne veulent pas. Aussitôt l’introduction réalisée, le titre a baissé, allant jusqu’à perdre 13%, pour revenir à une décote autour de 4%.

C’est ce qu’on appelle une introduction ratée, dans la mesure où l’engouement suscité par l’introduction n’a pas eu lieu, et où la vente de tous les titres n’a pu être permise que par le portage des banques participant à l’introduction.

Facebook est devenu en quelque temps une institution mondiale, qui rassemble quelques 900 millions d’abonnés. Il reste que cela n’en fait pas en soi une entreprise financièrement attractive.

Il convient d’abord de relativiser ce chiffre de 900 millions, qui inclut des personnes décédées, et surtout des millions de gens qui y ont créé un vague profil, mais qui n’y ont aucune activité.

Ensuite, Facebook a eu le mérite d’arriver le premier sur ce nouveau media qu’est le réseau social par Internet.

Mais qui sait quel est son avenir ? D’autres réseaux se sont constitués depuis, plus spécialisés, plus ciblés, et nul ne sait si l’avenir n’est pas davantage à des réseaux fermés qu’à ce grand galimatias mondial, où finalement on ne parle pas de grand-chose, toujours de façon superficielle, et où l’activité du plus grand nombre se borne à cliquer sur « j’aime » au hasard de ses pérégrinations sur le web, en guise d’expression de la pensée.

La valeur estimée de Facebook sur la base de son prix d’introduction correspond à 26 années de chiffre d’affaires. C’est évidemment démentiel, et hors du champ des paramètres financiers ordinaires. C’est le prix de la progression attendue de la valeur, c’est le pari de l’expansion des réseaux sociaux, et de la place de premier de Facebook sur ce marché. C’est aussi le pari que le monde de l’entreprise s’appropriera Facebook et le rentabilisera par la publicité et l’utilisation du réseau à des fins commerciales.

Ce n’est pas gagné. Des entreprises quittent Facebook par manque de retour sur investissement (General Motors par exemple). Sans compter qu’une invasion du réseau par la publicité fera fuir nombre de branchés du réseau.

Facebook voit aussi son avenir se jouer sur le mobile. Pour l'instant la visibilité est nulle.

Facebook évolue sur un marché de pointe, dont l’avenir est indubitablement prometteur, mais aux contours pour l’instant incertain. A la différence de Google qui avait été introduit à un prix raisonnable, Facebook l’a été à un prix fort.

Mais si l’anticipation est par essence le moteur de la Bourse, trop peut être trop, qui peut alimenter les bulles et leur douloureux éclatement.

PS Allez, n'hésitez quand même pas à cliquer sur le traditionnel f situé sous cet article. Cela contribuera peut-être à rassurer les actionnaires déçus!

 

Rédigé par jdio

Publié dans #notre temps

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