Europe et démocratie

Publié le 15 Juin 2012

Beaucoup de bonnes idées dans le plan pour l'Europe de François Hollande.

Nicolas Sarkozy s'et montré très réactif en temps de crise, et a contribué par son dynamisme et sa bonne perception de la gravité des évènements à nous sauver du pire.

Il lui a manqué, comme à tous les dirigeants européens, et surtout à l'Allemagne, une vision à même de mettre l'Europe à l'abri des coups de vents des marchés. Plus facile à dire après qu"avant, certes.

Le plan présenté par le président français a le mérite de se placer résolument en perspective, et propose tant des mesures d'urgence à effet immédiat que des mesures à moyen-long terme, à même de faire évoluer l'Europe.

Un plan avec une vision d'avenir.

Le " plan de croissance pour l'Europe " s'articule autour d'un triptyque : croissance, stabilité financière, et renforcement de l'union monétaire.

La croissance est mise en premier plan, car sans croissance, pas de sortie de crise possible. L'idée a fait son chemin depuis quelques semaines, et même Angela Merckel en est aujourd'hui convaincue. La France souhaiterait une coordination des banques par une entité européenne unique. Elle propose la BCE, à l'instar de la FED américaine. L'idée est séduisante. Si les allemands sont d'accord sur l'idée, ils ne veulent pas entendre parler de la BCE, mais suggèrent l'autorité bancaire Européenne, dépendant de la Commission. Les allemands restent traumatisés par la crise de 1929 qui avait vu la valeur du mark réduite à presque zéro, et s'arc boutent toujours sur une banque centrale européenne indépendante des pouvoirs politiques, et à la mission quasi unique de limiter au minimum le risque d'inflation.

L'affrontement franco-allemand est aussi fort sur l'utilisation des eurobonds pour renforcer l'union monétaire.

Sur la croissance, un consensus n'est pas loin d'être trouvé.

Le plan de la France a l'immense mérite de se vouloir global, la tendance des dernières années étant de régler les problèmes au fur et à mesure de leur venue, sans vision à long terme. On sait que ce sont la France et l'Allemagne qui font avancer l'Europe, et ces deux-là n'auront pas notablement pesé sur le fond des choses dans les derniers temps.

Même si le plan français n'est pas tout à fait complet, il a le mérite d'exister, de poser les problèmes glogalement, et non pas seulement à chaud, et de se placer dans une perspective à moyen long terme. C'est comme ça que l'Europe a fait ses plus grands progrès.

Une situation paradoxale.

Le paradoxe est toutefois que ce plan de relance de l'Europe, qui passera par une plus grande intégration européenne, économique, financière, mais aussi politique, se fait à un moment où l'idée européenne est en panne, et où les opinions des peuples sont très réservés sur l'Europe, quand elles ne lui sont pas hostiles.

Ca n'est jamais simple de mener de pareils chantiers contre les opinions des peuples.

Où doit s'arrêter le courage politique dans un état démocratique?

 

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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