Etat à Démocratie Limitée

Publié le 3 Février 2012

Et si Marine Le Pen n'obtenait pas ses 500 signatures?

Il semble de plus en plus difficile aux "petits" candidats, même quand ils ne sont pas si petits que ça, d'obtenir les parrainages nécessaires.

barbu.jpegOn se souvient que cette disposition restrictive avait été mise en place pour limiter le nombre des candidats fantaisistes, voire allumés. A l'époque c'était Marcel Barbu (ci-contre) et le sénateur Marcilhacy.

Alors toute disposition réglementaire a son effet pervers, et aujourd'hui des candidats comme Marine Le Pen, Dominique de Villepin ou Christine Broutin risquent de rester à l'écart.

Dans une France où le peuple n'a guère de pouvoir qu'au moment des élections, et même des élections présidentielles, puisque les législatives, exécutées dans la foulée, ont toute probabilité de confirmer les présidentielles, il serait  particulièrement révoltant que le jeu démocratique exclue des candidats comme ceux rappelés ci-dessus. 

Alors chacun des grands candidats de s'indigner, et de claironner qu'il faut changer les textes, et qu'ils vont s'y atteler. Mais est-il encore temps? N'y a-t-il pas d'autre moyen?

La principale modification serait de ne plus rendre publics les parrainages.

Car le principal obstacle est bien celui-là : les parrains potentiels ne veulent pas se mouiller en apportant un parrainage à un candidat représentant un parti qui fâche, tel le FN et sa candidate, ou un candidat appartenant à la mouvance d'en face ou en conflit avec sa propre mouvance, comme de de Villepin ou Broutin.

De quoi a peur le parrain?

D'abord que sa propre image se confonde avec celle de son "filleul", qu'on le prenne pour l'un de ses sympathisants. Ensuite, et peut-être surtout, il a peur de déplaire à la hiérarchie de son propre camp, et que sa propre carrière en pâtisse, ou que les aides et subventions pour l'entité qu'il représente soient plus difficiles à obtenir. Il ne fait pas bon dans notre chère démocratie déplaire au prince qui nous gouverne, de quelque bord qu'il soit.

Sur ce point, la non publication des parrainages n'apportera pas la solution, car si le bon peuple ignorera les noms des parrains, si tant est qu'il le sache et qu'il s'y intéresse, les états-majors des partis sauront à quelle porte taper pour savoir qui a parrainé qui.

L'indigne hypocrisie des grands partis

Si les grands partis étaient vraiment soucieux du bon fonctionnement de la démocratie, comme ils le proclament pompeusement, ils demanderaient aux parrains de leur mouvance de parrainer tout candidat qui leur paraîtrait devoir participer à l'élection, pour que cette dernière soit conforme à ce que doit être une véritable démocratie.

En se cachant derrière une faille de la réglementation, les grands partis font preuve d'une indigne hypocrisie. Ils gagneraient en crédibilité et en prestige s'ils étaient capables d'élever leurs actions à la hauteur des principes qu'ils affichent défendre. 

On peut être certain que non. Pourtant si Marine Le Pen et les autres ne parvenaient pas à obtenir les 500 signatures, il est à craindre que la réaction des électeurs serait brutale. Le vainqueur de l'élection serait indubitablement le camp des abstentionnistes et des votes blancs. Quel serait l'avenir d'un président élu avec 50% ou plus d'abstentionnistes?

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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