et si d'un mal, venait un bien

Publié le 5 Août 2011

Jeudi de nouveau noir sur les places financières mondiales.

La cause? Des interrogations sur l'endettement des pays occidentaux, et des doutes sur la reprise de la croissance, alimentés par des statistiques d'emploi et de chômage décevantes, notamment aux EU.

Et si les marchés découvraient enfin le miroir aux alouettes qui les aveuglent depuis des années?

Depuis des années, on assiste à un double mouvement contradictoire :

- des États aux économies molles, marquées par une faible croissance, un endettement croissant, un taux de chômage important et en augmentation continue

- des grandes entreprises en bonne santé, présentant des bilans solides, des rentabilités imposantes (à défaut d'être toujours imposables! bénéfice mondial oblige).

Cela contredit les convictions des économistes libéraux, pour qui l'intérêt général doit être la somme des intérêts particuliers. Donc quand les entreprises vont bien, l'économie du pays va bien.

Sauf que les entreprises sont devenues multinationales. Alors même que le progrès technique demande moins de main d'oeuvre pour répondre aux besoins de la production, celle-ci s'est très largement déplacée hors de l'Occident par recours à la sous-traitance ou délocalisation.

Résultat : si un taux de croissance de 2 à 3% par an suffisait à assurer le plein emploi il y a 30 ans, cela a ne suffit pas même aujourd'hui à maintenir le niveau de sous-emploi.

Les marchés ont eu les yeux rivés depuis des années sur les résultats financiers des grands groupes. Ils ont voulu y voir les vertus de la mondialisation, mais n'ont pas vu, ou voulu voir, que les économies des États ne profitaient pas de la bonne santé de leurs entreprises phares. Et surtout pas sur le plan des emplois.

L'emploi a certes augmenté. Mais au plan mondial. Les grands groupes ont créé des emplois. Mais pas dans leurs pays d'origine.

A la fin des années 70, le Ministère du Plan français fixait le taux maximum de chômage supportable par la population à 3% ! Quarante ans après, malgré la croissance économique, le taux est de 10%, et personne ne sait comment le baisser, au point que ce n'est même plus un sujet d'élection, même présidentielle.

Si les marchés prennent conscience qu'il sert peu à un pays d'avoir des entreprises en bonne santé si elles n'apportent pas les emplois permettant à sa population de vivre, alors peut-être nous engagerons nous sur la voie de réflexions salutaires.

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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