et que vive la pagaille

Publié le 24 Décembre 2010

Il neige, il fait froid, mais raisonnablement, il fait somme toute un temps de saison. Pourtant c'est la pagaille.

Les pagailles se suivent et se ressemblent.


pagaille neigeRoissy fermé, tous les vols une nouvelle fois supprimés la nuit dernière et 2000 passagers dans le désarroi, avec une information minimaliste; des routes encombrées, bloquées, des centaines d'automobilistes de nouveau contraints d'abandonner leur voiture ou y dormir; des pouvoirs publics impuissants, qu'ils soient locaux ou nationaux. On rigole de cette décision extravagante du ministre, inexistant la semaine d'avant, qui a voulu se rattraper  et qui a demandé mercredi dernier aux entreprises de la région parisienne de lâcher leurs salariés à 16h, générant des bouchons mémorables. Parce que la météo avait prévu une possibilité de neige le soir.

On ne peut pas tout éviter, et des averses de neige plus ou moins prévues ne peuvent pas ne pas avoir de conséquence immédiate. Ce qui est plus contestable, c'est qu'une fois la neige arrivée, il ne se passe pas grand-chose, voire rien du tout. On s'occupe des grands axes, mais le reste!

Dans les rues à l'écart des grandes artères, rien n'est fait. Les trottoirs sont des patinoires, et à part quelques étrangers scandinaves résidant, bien peu, moi inclus, s'occupe de déneiger le trottoir devant sa maison. Les rues sont des champs de neige ou de gadoue. A L'Etang-la-Ville, la municipalité ne s'embête pas: elle attend que ça fonde. On a de l'argent pour bétonner sur le moindre carré où risque de pousser une mauvaise herbe, on abuse de rond-points laids et inutiles dès que trois routes se croisent, mais on est incapable de déposer des sacs de sel.

 

Cette crise montre, encore une fois, la vulnérabilité de nos sociétés organisées en réseaux.

Elle montre aussi la déficience des plans de secours et d'urgence que toute organisation normalement gérée doit avoir. Il faut admettre que ces plans, confectionnés dans la tranquillité,  ont pour objectif principal de pouvoir justifier auprès des autorités de contrôle que tout est prêt pour parer à une situation d'urgence.

Comment expliquer que les compagnies d'aviation et les aéroprts français soient depuis des années et des années incapables de gérer correctement les perturbations dues à la météo ou à des grêves, alors même que ces situations surviennent fréquemment, qu'elles sont presqu'ordinaires ?

pagaille roissyL'insouciance évidemment, le "on verra bien", ou "ça n'arrivera pas".

Mais aussi une réticence à investir, en argent et en jour/homme, dans des projets qui ne rapportent pas. Je n'ai pas le sentiment que les directions des grandes entreprises soient mobilisées, au plus haut niveau, sur la mise en oeuvre de plans de secours ou d'urgence efficaces et maîtrisés. Et pourtant, quel impact sur l'image quand la situation survient ! La détestable image d'Air France y est due en bonne partie.

Pas plus que les dysfonctionnements en matière de contrôle sanitaire ont débouché sur des améliorations, on le voit avec le Médiator, pas plus les perturbations occasionnées par la météo ou des grêves sont  mises à profit pour s'améliorer dans la gestion, difficile, de ces situations de crise.

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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