un paquebot à la dérive

Publié le 26 Juin 2012

Après avoir dégradé l'Espagne il y peu, quinze banques occidentales, dont les plus grandes banques françaises, la semaine dernière, c'est au tour des banques espagnoles. Trente banques espagnoles viennent d'être dégradées de un à quatre crans par Moody's.Gageons que cela va occasionner des hyper gains spéculatifs aux grandes banques d'investissement américaines qui spéculent à la baisse des titres d'emprunt européens.

La question n'est plus de savoir si cela est justifié ou non.

L'Espagne connaît des difficultés financières repérées de longue date. Elles ont coûté la vie au gouvernement socialiste.

Le  gouvernement de droite qui lui a succédé a mis en place un plan d'austérité d'une rare sévérité, qui est un véritable défi pour les citoyens espagnols, dont un très grand nombre va basculer dans la pauvreté et la précarité, quand ce ne sera pas la misère. L'Espagne a tout récemment fait appel à l'Europe pour secourir ses banques, et une aide de plus de 100 milliards d'euros a été approuvée.

Toutes ces mesures vont dans le sens voulu par les marchés et les agences de notation. Mais on sait bien que leur impact ne peut se faire sentir qu'à moyen terme, 18 mois pour les premiers effets.

Alors cette surenchère à la baisse des notations, n'est-ce pas achever le malade? L'effet immédiat et automatique va être une augmentation des taux d'intérêt, qui dépassent déjà les 6% l'an, ce qui veut dire une augmentation de la dette. Soigner le mal par le mal? Qui veut tuer son chien dit qu'il a la rage.

Après la Grèce, l'Espagne, l'Irlande, le Portugal, c'est Chypre maintenant qui appelle au secours. Dix milliards pour sauver les banques chypriotes? Qui dit mieux?

L'Europe est en faillite, c'est une évidence, le nier comme le font la quasi-totalité des hommes politiques est une sottise.

On ne peut apporter aujourd'hui aux chômeurs des pays en crise qu'une seule réponse : émigrer pour aller vers les pays encore en expansion, l'Allemagne quasi uniquement. Ça se passe déjà en Grèce.

Le tour de la France n'est qu'une question de semaines.

Une croissance nulle, des ratios financiers médiocres, qui ne peuvent pas s'améliorer dans un contexte de récession, une balance commerciale aux déficits abyssaux, un gouvernement de gauche qui n'a pas la préférence des marchés et des organismes de notation, tout cela va dans le sens d'une dégradation prochaine de la note française, et, dans la foulée, de ses banques. Là encore cela signifiera un surenchérissement de la facture d'intérêts, insupportable en l'absence de croissance.

Personne ne voit de sortie à la crise, les seules armes utilisées sont l'austérité, qui amène chômage et récession, et le soutien financier aux Etats et aux banques, qui entraînent une hausse de l'endettement qu'il soit au nom des États ou d'une entité européenne.

110 milliards à la Grèce, 100 milliards à l'Espagne, 10 milliards à Chypre, et 20 € par mois aux travailleurs payés au SMIC. 0,6% de plus que l'inflation!  Et d'aucuns de soutenir que c'est encore trop!

C'est un double reniement pour la gauche, le signe aussi de son impuissance : non seulement le pouvoir d'achat des travailleurs pauvres n'est pas revalorisé, mais le soutien à la croissance qu'il aurait pu être est passé à la trappe. Un président normal pour une politique normale !

Il y a décidément quelque chose de pourri dans le système économique mondial qui nous gouverne, où les politiques sont totalement impuissants.

L'économie mondiale est comme un énorme paquebot à la dérive, sans pilote, livré aux envies de ses passagers les plus cupides.

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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