et le silence vient ...

Publié le 1 Avril 2011

Fukushima ne fait déjà plus la une des grands media. Ils sont passés à autre chose, le Libye, la Côte d'Ivoire, les ridicules marinières de nos footeux.

Pourtant rien n'est résolu à la Centrale. Les fuites continuent, une zone d'évacuation de 20km autour de la Centrale est à l'étude, on envisage le démantèlement  ou le confinement. Il faudra des années de travail, des controles permanents. De quoi augmenter le coût de cette énergie soit-disant peu coûteuse.

Mais que les japonais se rassurent. Sarko et Lauvergeon arrivent, avec leur grand chapeau, avec leur grand lasso ...

Les conséquences vont se faire sentir pendant des générations. L'hémisphère nord sera la première touchée.

Seulement il n'y aura pas, espérons-le, d'explosion. Pas de catastrophe spectaculaire, pas d'images d'apocalypse à montrer. Seulement des contaminations qui iront grossir les statistiques des taux de cancer, sans qu'on puisse en attribuer la cause. On peut faire confiance aux lobbies nucléaires pour rester discret sur le sujet.

On oubliera donc Fukushima, comme on a oublié Tchernobyl, même si les conséquences de Tchernobyl sont loin d'être terminées. Il n'y a qu'à chercher des chiffres sur la centrale russe pour voir que tout est truqué, dissimulé. Surtout ne pas savoir, cela arrange tout le monde.

Les lobbies d'EDF et d'Aréva convaincront sans mal les  gens du pouvoir que hors le nucléaire, pas de salut. Et la France continuera avec son EPR, comme dans le temps avec Concorde ou le bon vieux Minitel. Dans le même temps, passaient les trains de l'informatique, de l'Internet, ...

L'homme est ainsi fait. Combien faudra-t-il de catastrophes pour que la raison domine? 

Il ne s'agit pas de fermer les 58 réacteurs français dans les six mois. Mais de prendre la décision de principe d'arrêter le nucléaire dans 20, 30 ou 40 ans, et de lancer un vaste plan de réflexion et d'action visant le remplacement du nucléaire. Cela doit servir à ça la politique.

La mort du nucléaire est inéluctable. Alors ne ratons pas ce train là, sinon il n'y aura plus guère de secteur technologique, hors l'aviation et l'armement, où la France sera présente. Toutes les technologies que nous utilisons quotidiennement, ordinateurs, portables, smartphones, viennent d'Asie. C'est là qu'elles ont créé les emplois, et l'Europe en est quasiment totalement absente. Ne faisons pas les mêmes erreurs pour l'énergie.

Nos industries disparaissent une à une, nous nous sommes rassurés en faisant semblant de croire qu'il nous restait les tâches à valeur ajoutée, la partie créative symbole de notre niveau supérieur de développement ! Ce n'est déjà plus vrai, si jamais cela l'a été. Quand on sait faire, il est facile ensuite de vendre, créer, imaginer, concurrencer. La puissance  appartient à celui qui sait faire, pas à celui qui sait vendre.

Il nous restera le tourisme, le Périgord en tête, et toute la France transformée en parc d'attraction. Mais ce sont les visiteurs qui s'y amusent,  pas ceux qui y travaillent.

 

 

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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Jean-Pierre 06/04/2011 14:42


Bien d'accord avec ton analyse
Le discours des politiques m'atterre. Ils sont toujours dans l'extrême. Pour Sarko il faut choisir entre le nucléaire et la bougie. Pour les verts il faut arrêter immédiateemnt toutes les centrales
nucléaires.
Mais quand auront ils un peu de bon sens ?
Il y a bien quelque formules "sortir du nucléaire" ou "non au tout nucléaire" qui sont des amorces de solution mais un peu trop imprécises.
Alors à quand un grand débat sur le nucléaire? Ah oui c'est vrai. C'est une affaire trop sérieuse pour laisser le peuple décider. Et puis il n'y comprend rien