espoirs de campagne

Publié le 10 Janvier 2012

Et si les candidats parlaient enfin des vrais sujets qui concernent les français?

La campagne présidentielle n'est pas officiellement lancée, mais elle se prépare. Les petites phrases et les bons mots ont déjà fait leur apparition, les seconds couteaux affûtent leurs armes, le spectacle va bientôt commencer.

Verra-t-on pour une fois nos amis politiques traiter des vrais problèmes de la France? En voilà trois, à titre d'exemple.

L'emploi, toujours.

usine-copie-2.jpgL'emploi est malheureusement toujours à la une, la situation ne faisant que se dégrader depuis maintenant plusieurs décennies. Mais fait nouveau, on ne cherche plus de réponses dans les seuls emplois aidés, qui ne sont que des cache-misères provisoires, mais on semble vouloir s'atteler à la cause: la désindustrialisation de la France.

Ce grand mouvement a commencé en France dans les années 70 dans l'indifférence générale, voire même la satisfaction de certains qui n'étaient pas fâchés de voir la population ouvrière, symbole de la lutte des classes, syndiquée et contestataire, se réduire comme peau de chagrin. La France sortait des trente années dites glorieuses - par rapport à celles d'après seulement - où les syndicats étaient forts, et entendaient que les fruits de l'expansion aillent à l'ensemble des salariés, même les plus modestes.

C'était le temps où le service public avait un sens, assuré par des entreprises nationalisées, où le pouvoir syndical était à même de mettre en oeuvre les mouvements de grève les plus forts du monde. Gaz, électricité, transport, courrier, téléphone, école ... étaient régulièrement suspendus, plongeant régulièrement la France dans l'obscurité et l'immobilité. Dans les grandes entreprises privées, les patrons achetaient la paix sociale par des augmentations régulières de pouvoir d'achat, bénéficiant à tous.

La désindustrialisation a changé les rapports de force. Les syndicats ont perdu leur superbe, les directions ont repris la main. Les grèves ont cessé, les politiques ont cru, ou voulu croire, que tout le monde était satisfait. Car le chômeur est un taiseux, il ne descend pas dans les rues, ne s'oppose pas aux CRS, n'empêche pas l'économie de tourner. Alors on a fait comme si la paix sociale retrouvée signifiait le bonheur pour tous, refusant de voir ces milliers d'emplois transférés à l'étranger ou disparus par manque de compétitivité des entreprises.

Devant l'échec des multiples mesures d'assistanat, on fait enfin le bon constat. Mieux vaut tard que jamais!

Mais les autres?

hlm.jpgLe logement est le deuxième sujet de préoccupation des français. Et pourtant on en parle peu, à part à l'extrême gauche. La plupart des candidats se contente d'énoncer quelques chiffres globaux relatifs à la construction de logements sociaux. Alors que la problématique est bien plus vaste :

- les 120000 logements dits sociaux ne sont pas construits là où sont les besoins les plus importants. Le déficit est immense dans les grandes villes, dont la région parisienne

- ces logements sociaux sont situés dans des zones périphériques inhospitalières

- les modalités d'attribution de ces logements sont à revoir, en même temps que la révision périodique de la qualité d'attributaire

- quid des personnes les plus modestes, sans réel pouvoir d'achat.

Sans le bruit médiatique permis par l'entrée en jeu du footeux comédien Eric Cantonna, le sujet serait-il vraiment traité par les grands candidats?

RER.jpgLe transport empoisonne la vie d'une grande partie de la France qui travaille. Un aménagement du territoire déficient et des prix de logement interdisant à 80% des salariés de travailler près de leur domicile ont conduit à l'explosion du besoin de transports.

Le RER A est devenu la ligne la plus fréquentée du monde, avec            1 500 000 usagers par jour. Conséquence d'une absence de vision, d'une obsession de la rentabilité à court terme, même de la part de la RATP, du grand dessein panurgien de vouloir créer un Manhattan français, de l'explosion du prix de l'immobilier à Paris, de la centralisation persistante.

Les politiques prennent peu les transports en commun en dehors du TGV. Et en première classe. Il faudra attendre sans doute qu'un ministre soit enfermé trois heures durant dans un RER, comme hier soir dans ce foutu RER A, pour que ça bouge. Encore que s'il y avait eu un ministre, une solution aurait sans doute été trouvée pour libérer les passagers!

Mais les TGV multipliant les retards, les TER en voie d'élimination pour cause de non-rentabilité immédiate, les autoroutes saturées, les grandes migrations des week-ends et des vacances générant des centaines de kilomètres de bouchons, les rocades et périphériques des villes engorgés, les questions sont nombreuses et complexes.

 

Ces trois sujets, parmi d'autres, et notamment le pouvoir d'achat, sont peu ou pas traités par les politiques. Ils sont pourtant essentiels. Mais les réponses sont compliquées, coûteuses, à échéance dépassant celle des mandats des politiques.

Et si on en parlait quand même?

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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