quel rpport au travail demain ?

Publié le 19 Septembre 2010

Quel rapport au travail demain ?

Le rapport de l'homme au travail est un sujet éternel, comme l'est le travail lui-même.Les conditions de travail ont évolué plutôt favorablement. Mais un certain désamour apparaît aujourd'hui. Phénomène passager, ou modification plus profonde?

travail-et-vie-de-famille-hs1-1-5392.jpg-5392-556x556.jpgL'homme ne faisait pas que se reposer et se distraire dans les sociétés préhistoriques, pas plus que dans les sociétés primitives d'aujourd'hui, mais l'apparition des sociétés marchandes des premiers millénaires précédant notre ère, avec les transformations apportées par le capitalisme ont profondément modifié le rapport de l'homme au travail.

L'industrialisation du 19ème siècle a engendré la prolétarisation d'une grande partie de la population, générant une perte de sens, accentuée par la taylorisation des méthodes de production. L'ouvrier à la chaîne ne pouvait voir dans son travail la signification que le paysan ou le compagnon pouvaient lui apporter. D'autant que sa rémunéartion était limitée à la portion congrue, juste nécessaire à maintenir la force de travail.

Sous l'influence des syndicats et du progrès technique, les conditions de travail se sont progressivement améliorées, avec une accélération dans les années 50/60, marquées par un rapport de force syndicats/patronat plutôt en faveur des premiers.  Ce sont des années de progrès social, obtenus souvent à force de grandes grèves dans les services publics ou entreprises nationalisées (Renault par exemple).

Pourquoi nous

n'aimons plus travailler

travail2.pg.jpg     psychologies.com            

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Rapport Villermé   

Etat des ouvriers en 1840        travail-etat_des_ouvriers_L25.jpg                                                                           

 


       

Un renversement est intervenu à partir de la fin des années 70, sous l'effet de l'internationalisation croissante du monde, les crises pétrolières, le développement économique du tiers-monde. La nécessité de la compétitivité est devenue l'obsession des entreprises, celles qui ne la respectaient pas étant condamnées à périr. Des secteurs entiers de l'économie ont disparu, charbon, sidérurgie, petite métallurgie comme la visserie ou la boulonnerie, textile (le coton a totalement disparu du paysage vosgien par exemple) et bien d'autres. On a vu fleurir les fermetures d'usines et les plans sociaux. Ceux-ci ont d'abord touché les ouvriers, puis les employés et les cadres. Le plan social d'IBM France qui au début des années 90 visait exclusivement les cadres, qui étaient concernés à partir de 40 ans, a marqué les esprits.

Ceci a eu deux effets:

- un retournement du rapport de force entre syndicats et patronat, les premiers connaissant depuis une vingtaine d'années un déclin continu. Une conséquence directe est la disparition des revalorisations salariales régulières indexées sur l'inflation, qui permettait une croissance continue du pouvoir d'achat des salariés, indépendante des promotions individuelles.

- une révolution culturelle chez bon nombre de cadres, qui croyait appartenir à un cercle privilégié, et qui ont découvert qu'ils étaient perçus aussi comme une charge. Une lien privilégié cadres/direction a été brisé, même si cela n'a pas entraîné de réels changements dans les comportements.

Ces deux changements majeurs sont en cours aujourd'hui, et contribuent à une remise en question par un nombre croissant de salariés de leur rapport au travail.

Le travail a rempli la vie de beaucoup d'entre eux, avec comme résultat un pouvoir d'achat stagnant, des mises en retraite anticipée, des plans sociaux, la mise en placards plus ou moins dorés. Au total une reconnaissance au sein de l'entreprise décalée par rapport à l'engagement du salarié.

Les nouveaux entrants dans le monde de l'entreprise vont devoir vivre avec ces nouveaux paramètres : pas d'augmentation du pouvoir d'achat si pas de promotion individuelle, remise en cause permanente des méthodes pour Travail-plateforme-copie-1.jpggagner perpétuellement en compétitivité, menaces régulières sur l'emploi par mobilisation des gains de productivité, par les délocalisations, les fermetures de sites au profit d'autres ou d'activités par recours à la sous-traitance .

La coupure entre les hiérarchies et les bases (un hiérarque étant aussi une base pour sa hiérarchie) divise les entreprises, et la perte de sens liée au manque de reconnaissance entraîne un stress et un mal-être croissants dans tous les strates de l'entreprise.

Signe incontestable de cette évolution : on n'a jamais autant parlé de communication, de partage, d'approriation. Signe que cela n'existe plus guère. Le coaching se multiplie, comme les missions d'expertise sur le stress et le mal-être. Et pas seulement à France Télécom.

A force de dire au salarié qu'il coûte trop cher, qu'il produit trop peu,  à force de suppimer son travail en le délocalisant au dixième de son prix en Inde, ou en menaçant de le faire, on tue la reconnaissance sociale que tout travailleur attend de ses efforts, on supprime tout sens au travail, on émousse les motivations.

Les RH commencent à en prendre conscience, mais elles sont impuissantes à apporter d'autres réponses qu'un petit supplément de communication.

Rédigé par jdio

Publié dans #notre temps

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