du rêve et du sens

Publié le 29 Mars 2011

Deux enseignements des élections cantonales :

- Les français croient de moins en moins à la capacité de la politique d'améliorer leurs conditions de vie, et donc ne vont pas aux urnes quand l'enjeu ne leur paraît pas déterminant. Quoiqu'on en dise, l'abstention a un sens, celui de la résignation ou de l'indifférence. Bien plus que les votes blancs ou nuls dont on ne parle jamais, alors que la part des abstentions fait toutes les unes.

- La gauche et le PS ne sont pas morts, comme l'UMP et les média avaient, un temps, voulu le croire.

La France n'est pas le seul pays européen à virer de nouveau à gauche, en fait le jeu démocratique est un jeu de balancier et d'alternance. Les marges de manoeuvre étant des plus limitées, un gouvernement n'est-il pas, quel qu'il soit, destiné à décevoir? La démocratie permet alors de rêver, un peu, en votant pour un parti d'opposition.

La vie devient insupportable à partir du moment  où l'on n'a plus de rêves. C'est vrai aussi pour la politique.

C'est le tort de la droite d'avoir cru, et de croire encore pour certains, que le tout libéralisme, la flexibilité, le bling-bling, pouvaient faire rêver. Ils ne peuvent être que des moyens, or c'est la fin qui peut faire rêver.

Depuis vingt ans, la droite, mais la gauche aussi, n'a eu de cesse de casser le modèle social français, au prétexte qu'il est un frein à la bonne marche des entreprises, car trop coûteux (mais les modèles sociaux scandinaves ou allemands sont aussi généreux), et contraire à la compétitivité (c'est oublier que l'industrie française, depuis le 19ème siècle, a toujours été infiniment moins conquérante que la britanique, allemande, scandinave même, à une époque où n'existait aucune législation sociale).

La bride a été lâchée pour les plus hautes rémunérations, soit disant pour s'aligner sur les pratiques américaines. Comme si nos PDG et DG français des grands entreprises, frais émoulus de l'ENA et des cabinets ministériels, tenteraient les boites US !

Trader.gifLes métiers de la finance ont considérablement évolué, et les activités de marché, pour une bonne part assimilables à de la spéculation pure, ont pris le pas sur celles de banquier traditionnel. Magré une utilité sociale faible, voire négative quand elle génère bulles et crises, ce sont elles qui sont le plus récompensées. Dans le dernier numéro du Revenu, il est écrit que les six banques françaises aidées par l'Etat en 2008 ont distribué 2 milliards d'euros de bonus à 8 200 traders en 2010. Faites le calcul, cela fait 243 000€ par trader. En moyenne. Soit plus de dix ans de salaire annuel moyen !!! vingt ans de smicard !!!!! 

Evra et Ribéri sont rentrés en grâce malgré une conduite honteuse.

Nos activités aujourd'hui sont dictées par le seul profit à court terme, alors on fait un trait sur tout ce qui pourrait le limiter. Tant mieux pour les quelques uns qui ont la chance, ou l'absence d'état d'âme nécessaire, pour en profiter. Mais pour la grande masse des citoyens, cette société là ne fait plus rêver, car est perçue comme un recul par rapport au mouvement qu'on pouvait penser tendantiel et inéluctable vers une répartition plus équitable des fruits de la croissance.

C'est parce que les politiques ne font plus rêver que les français s'abstiennent ou se tournent vers des extrêmes.

Qui saura, qui saura, qui saura ..... , comme aurait dit le chanteur ?


Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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