affaire DSK (suite)

Publié le 5 Juillet 2011

Spectaculaire retournement de situation dans ce qu'on appelle l'affaire DSK. Preuve s'il en est besoin, et il en est besoin, que l'on doit s'abstraire toujours de jugement hâtif, et que les procureurs, juges, médias et opinion publique doivent savoir tempérer leurs réactions.

Comme souvent, l'affaire a été montée en épingle vite et fort par un procureur ambitieux et se prenant pour Zorro, sorte d'Eva Joly made un USA.

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 Anne Sinclair avait quitté sa tenue noire pour une veste blanche pour se rendre au tribunal ce 1er juillet.


Il reste qu'il faut savoir aussi tempérer ses sentiments dans cette nouvelle situation.

Si Nafissatou Diallo n'est pas l'oie blanche qu'on décrivait, si elle ne vénère pas Allah chaque matin, et si elle a menti sur sa vie privée, cela ne veut pas dire pour autant qu'elle n'a pas été violée. Et le viol n'en serait pas moins grave. Attendons donc pour porter un avis.

Anne Sinclair a dit qu'elle "n'oublierait pas ceux qui nous ont craché à la gueule".

Qu'elle ait de la rancoeur vis à vis de tous ceux qui se sont engouffrés dans le scandale, par intérêt politique, pour l'argent, ou simplement pour jouer les importants en faisant croire qu'ils font partie des initiés, cela se comprend volontiers.

Mais elle oublie que son mari n'est pas n'importe qui. Plus encore que directeur du FMI, il était candidat potentiel à la présidence de la République de la France. Qui plus est candidat de gauche, c'est à dire défenseur présumé des plus humbles, des plus fragilisés par un système capitaliste dur pour les plus faibles, c'est à dire aussi pourfendeur des inégalités les plus criardes, pour une société plus juste.

Alors c'est vrai que tout le monde s'en est donné à coeur joie pour afficher la suite à 3000€, l'addiction au sexe de DSK, ses passades, ses virées habituelles dans un club échangiste, son énorme train de vie avec somptueux logements dans les plus beaux quartiers de Paris et villa au Maroc, ses amis amateurs de puissantes voitures, les pâtes aux truffes. Et de rappeler aussi ses casseroles passées, l'affaire de la MNEF, de la cassette Méry, d' Elf, qui ont failli à plusieurs reprises sonné la mort politique de DSK.

On ne prête qu'aux riches, et DSK l'est sur tous ces points. Il y a peut-être eu bavure judiciaire, à l'instigation d'un procureur ambitieux et fragilisé,  mais cela aura au moins servi à éclairer les gens sur une personne qui ambitionnait de les diriger et les représenter, et qui ne détient peut-être pas toutes les valeurs qu'on attend d'un chef d'Etat d'une grande démocratie.

Par ses frasques diverses et variées, DSK a lui aussi craché à la gueule de nombre de personnes qui voyaient en lui une espérance.

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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