disipline et désobéissance

Publié le 3 Février 2011

laborde.jpgdarlan.jpgLe 27 novembre 1942, l'Amiral Jean de Laborde (à droite) ordonne le sabordage de la flotte française basée à Toulon. Les allemands ont envahi la France libre le 11 novembre, et ont lancé l'opération 'lila" en vue de s'emparer de la "flotte intacte". Laborde obéit à un ordre   adressé en juin 1940 par Darlan (à gauche), Ministre de la Marine (du gouvernement de Vivhy), à l'ensemble des commandants d'unités leur prescrivant de ne pas laisser tomber leur bâtiment dans des mains étrangères, et, au contraire,  de préparer le sabordage.

Les anglais bombardent la flotte française à Mersel-Kébir.

La flotte française est la deuxième du monde.  Si elle est sortie intacte de la débâcle de juin 40, elle est profondément marquée par la destruction par les anglais en juillet 1940 de la flotte basée à Mersel-Kébir. L'Amiral anglais Somerville avait lancé un ultimatum au vice-amiral Gensoul, demandant soit de continuer la guerre avec eux contre les allemands et les italiens, soit d'appareiller vers un port contrôlé par les britaniques. Gensoul refuse les deux propositions, et les anglais détruisent la flotte française, tuant 1297 marins et officiers, détruisant 7 bâtiments. On découvrira plus tard que Gensoul a omis de transmettre à Darlan l'intégralité des propositions anglaises, dont celle d'appareiller vers la Martinique pour se mettre sous la protection des Etats-Unis.

Seuls cinq sous-marins échappent au sabordage.

A Toulon, l'ensemble des officiers va suivre l'ordre de sabordage. 120 unités de haute mer seront perdues. Geste héroïque pour les uns, inepte pour les autres. " Lamentable et stérile " s'écriera de Gaulle.

Queques jeunes commandants ne sont pas prêts à se saborder. Ils commandent cinq sous-marins, et après consultation de l'équipage pour certains, décident de quitter Toulon. Quatre d'entre eux y parviendront.

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Pourquoi ces officiers, sauf cinq, ont-ils accepté de détruire leur flotte?  L'hostilité envers les anglais suite à Mersel-Kébir, bien sûr. Mais Gensoul avait déjà choisi l'obéissance. Surtout, la Marine est un coprs d'élite très hiérarchisé, habitué à une discipline stricte. La fidélité au Maréchal Pétain est totale, primant la défense de la nation. "Valeur et discipline", très peu de marins ont dérogé à la règle, peu se sont engagés dans la France libre ou la Résistance.

Pour d'autres, la discipline a des limites.

En 1942, un officier méhariste refuse de barrer la route aux troupes de Leclerc. "La disipline s'arrête aux limites du déshonneur et de l'indignité", dit-il.  

De Gaulle et Leclerc se sont insurgés. Ce dernier déclarera  "tout ce que j'ai fait de grand dans ma vie, je l'ai fait en désobéissant".

Le général allemand Keitel déclarera au procès de Nuremberg " ma tragédie est de n'avoir compris que trop tard que l'obéissance a des limites, même pour un soldat ".

Rédigé par jdio

Publié dans #un peu d'histoire

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