Dieppe, et pays de Caux

Publié le 9 Juin 2012

On prend les mêmes, ou presque, et en route vers la Haute-Normandie à la découverte de Dieppe et du pays de Caux.

Pour le bas-normand que je suis, Rouen et sa région, c'est le pot de chambre de la Normandie ! Gageons que les rouennais ne doivent pas être en reste avec les cherbourgeois! Mais faisant fi des réputations et des clichés, la pluie n'est pas venue perturber nos marches, tout juste les nuits des insomniaques.

 

Première journée consacrée à la visite de Dieppe.

"A Dieppe, la lumière est comme un écrin", disait Matisse.

 

Dieppe, c'est d'abord un port à l'activité très ancienne. Dès la fin du XIVème siècle, les marins dieppois débarquent en Afrique noire, et installent des comptoirs le long du golfe de Guinée, d'où ils ramènent ivoire et épices. Ils s'établissent aussi au Cap-Vert, et foulent le Nouveau Monde quatre ans avant Christophe Colomb, prétendent certains.

Le grand personnage de la ville est Jehan Ango (1480-1551), armateur et conseiller maritime de François 1er. Il est le premier navigateur français à passer le cap de Bonne Espérance en 1529, avant d'être nommé gouverneur de Dieppe. Il s'y fera construire un splendide palais de bois. Ami de Marguerite de Navarre, soeur du roi, il ne dédaignait pas non plus pratiquer la course contre l'espagnol ou la piraterie, ce qui lui permit d'amasser une immense fortune. Il se fera remarquer en volant un trésor aztèque à un marin de Cortès, qui l'avait lui-même pillé à ses propriétaires ! Il est enseveli dans la chapelle qu'il avait fait construire dans l'église St Jacques.

Aujourd'hui, Dieppe reste un port de pêche, un port de plaisance (450 anneaux et 10 pontons) et un port de commerce, axé principalement sur le commerce de la banane, ananas et mangue en provenance de Côte d'Ivoire, et aussi des agrumes, pommes de terre et légumes primeurs du Maroc.

On grimpe dans la falaise qui domine le port en traversant le Pollet, quartier des pêcheurs. A N-D du Bon-Secours (église inaugurée en 1876), le panorama sur la rade est superbe.

Dieppe, c'est aussi les bains et la plage. On raconte que dès 1578, le roi Henri III "par le conseil de ses médecins s'alla baigner en la mer de Dieppe pour guérir de certaines gales dont il était travaillé". L'eau de mer, et tout particulièrement celle de Dieppe, passait pour guérir de la rage.

Mais c'est au début du 19ème siècle que la mode des bains de mer se développe. Dès 1813, la reine Hortense, belle-soeur de Napoléon (et fille de Joséphine) choisit Dieppe pour se refaire une santé.

De 1824 à 1830, la duchesse de Berry lance la station en y passant tous ces étés, entraînant à sa suite mondains et aristocrates. Tout au long du 19ème siècle, défileront aux bains et au casino, célébrités et extravagantes: Louis-Philippe, Napoléon III, Eugène Delacroix, Camille Saint-Saens, Dumas fils, Oscar Wilde ...

Dieppe, c'est enfin une ville ancienne à la longue histoire. Les témoins principaux en sont le château médiéval, bâti aux 14ème et 15ème siècle sur les fortifications qui défendaient la ville. Occupé par les gouverneurs de Dieppe, il abrite le musée de la ville depuis 1923. On aura pu admirer dans les douze salles proposées au visiteur des belles collections d'ivoires religieux et historiques, de nombreux paysages dieppois par des artistes importants tels Renoir, Isabey, Sisley, Pissaro ... et des oeuvres d'artistes plus récents comme Braque, Van Dongen, Dufy, Reno, Laurens ...

Commencée au 13ème siècle, l'église Saint-Jacques sera souvent remaniée.

En flânant sur les quais ou rue de la Barre, on découvre de beaux hôtels particuliers, témoins de la richesse passée de la ville.

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De Saint-Valery-en Caux-à St Aubin

Une petite demi-heure de car pour gagner St Valéry, pas assez pour nous transformer en touristes passifs et assis qu'il pourrait être si facile de devenir !

Juste un passage ravitaillement dans ce petit port de pêche et de cabotage, aussi station estivale et port de plaisance.

On quittera la cité par l'ascension (toute relative) de la falaise d'Aval, jusqu'au monument qui commémore des combats de juin 1940.

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Le pays de Caux, si cher à Maupassant qui en était originaire, doit sa célébrité à son imposant front de mer constitué de falaises verticales pouvant atteindre 100 mètres de hauteur. Il contient aussi nombre de stations estivales animées, aux villas pouvant être fort luxueuses.

Sur le plateau, on cultive le lin, les céréales et les éoliennes. Il faut dire que les vents n'y cessent jamais. En bas, on accède aux plages par des valleuses, garnies parfois de longs escaliers. Les plages sont de galets, mais de sable quand la mer se retire. Le galet est caractéristique de cette côte dite d'albâtre. Il est formé de silex tombés des falaises, que la mer s'est ensuite entêtée à polir. Il faudra attendre quelques millénaires encore pour qu'il se transforme en grain de sable, et ne fasse plus que chatouiller les pieds douillets des baigneurs.

  culture des éoliennes ..
  .. et du lin
  Sous les marches ...
    ... la plage
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Des nombreux villages qui parsèment la région, on se sera attardé à Veules-les-Roses, qui sera mis à la mode au début du 19ème siècle par une actrice de la Comédie française, Anaïs Aubert. Établi le long de la Veules, plus petit fleuve de France avec ses 1194 mètres, le village a conservé malgré les destructions de la guerre un intéressant patrimoine architectural, avec ses moulins, ses riches villas et maisons en briques et en silex, son église des 17ème et 18ème siècles (où on peut voir de surprenantes colonnes torses sculptées).

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De notre but d'étape, St Aubin, on n'aura guère vu que l'arrêt de bus, qui ne mérite pas même une étoile dans le guide spécialisé des arrêts de bus. On aurait pu voir la jolie église du 16ème siècle ... si seulement on avait pu apercevoir le centre du village !

 

De Varengeville-sur-Mer à Dieppe

A la fois champêtre et balnéaire, Varengeville aura séduit tant Jéhan Ango qu'une ribambelle de peintres et d'écrivains comme Georges Braque, Monet, Pissaro, Miro, Cocteau, Aragon, Prévert, Breton.  On se sera cantonné à l'église et au cimetière qui l'entoure, remarquable par les tombes de Georges Braque et Albert Roussel, et par un somptueux panorama sur la côte et ses falaises. L'église (11ème au 15ème siècle) renferme un vitrail de Georges Braque, "l'Arbre de Jessé".

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Le chemin empruntera tantôt des bois tantôt la falaise, offrant des panoramas impressionnants. Nous ferons la halte déjeuner au pied des falaises, sur une plage qu'une valleuse nous rendra accessible. Occasion de se tremper qui la main qui les pieds qui le museau, dans cette belle eau irisée de la Manche, qui reste malgré tout une des mers les plus fréquentées du globe.

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Il ne restait plus qu'à repérer Sainte-Marguerite-sur-Mer, bien connue pour la qualité de son expresso, et d'atteindre Dieppe pour le verre de l'adieu, avant de se retrouver à la prochaine randonnée.

Un grand merci à René qui nous a proposé cette belle randonnée, qu'il n'a malheureusement pas pu terminer tout à fait avec nous, au grand dam de tous.

Le diaporama musical

 


Rédigé par jdio

Publié dans #escapades

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