défilé record à Londres

Publié le 27 Mars 2011

Il n'y a pas que dans les pays arabes que le mécontentement s'exprime dans la rue.

defile-a-londres.JPGDans le temple du libéralisme qu'est l'Angleterre, 500 000 personnes ont défilé dans les rues de Londres pour protester contre les mesures d'austérité prises par le gouvernement. Un succès inespéré par les syndicats, un record depuis vingt ans.

Il faut dire que le gouvernement n'y est pas allé de main morte, avec des coupes budgétaires de 90 milliards d'euros sur quatre ans. Croissance en berne, taux de chômage égal à 8% de la population active, le modèle anglais a ses limites. Surtout, les inégalités s'accroissent, et donnent le sentiment aux anglais que les efforts ne sont pas équitablement partagés. On sait que ce sentiment de justice minimale est un élément clé de la cohésion sociale. Car parallèlement la place financière de Londres est repartie de plus belle, avec les rémunérations que l'on connaît. Comme avant.

Une inégalité croissante, des rémunérations indépendantes de l'utilité sociale, quand elles n'y sont pas contraires, ce sont les ingrédients d'une cassure entre la majorité généralement silencieuse et les classes dirigeantes. Jusqu'au jour où le silence n'est plus tenable. Alors 500 000 personnes dans les rues de Londres, des bagarres de rues, des magasins de luxe et des agences bancaires pillées, des blessés chez les manifestants et les policiers.

Sous de Gaulle, les gaullistes dits de gauche avaient inventé le concept de la participation. Il s'agissait de faire profiter l'ensemble des salariés des fruits de l'expansion. Au-delà des mesures mises en oeuvre pour faire des petits pas dans cette direction, l'idée allait bien dans le sens d'un partage plus équitable de la richesse, estimé indispensable à la cohésion sociale. On assiste aujourd'hui à une tendance inverse. La croissance enrichit quelques uns, l'austérité est partagée, elle est d'autant plus lourde à supporter qu'elle porte sur des situations modestes.

Le libéralisme est égoïste par nature, mais prenons garde que  "tant va la cruche à l'eau,  qu'à la fin elle se casse" .

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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