croissance et environnement : l'impossible équation

Publié le 14 Mai 2011

Selon un rapport de l'ONU, la consommation des ressources naturelles triplera d'ici à 2050 si la croissance mondiale est aussi gourmande en matières premières.

 

Ce triplement de besoin de matières premières serait 'bien au-delà de ce qui est supportable", selon le rapport.

matieres-premieres.jpgDans 40 ans, les 9 milliards d'habitants de la Terre consommeront 140 milliards de tonnes de minerais, d'hydrocarbures et de biomasse (bois, cultures, élevage). Soit 16 tonnes par habitant.

Pour répondre à ce besoin, le monde a l'obligation de savoir "faire plus avec moins". Cela passe par des investissements massifs dans "l'innovation technologique, financière et sociale". Mais dans l'hypothèse favorable, où ils permettraient de ramener à 8 tonnes la consommation de matières premières par habitant, cela s'accompagnerait d'un doublement des émissions des gaz à effet de serre, incompatible avec les objectifs que s'est fixée la communauté internationale pour lutter contre le réchauffement climatique.

Quelques raisons d'espérer sont évoquées par le rapport onusien, dont, ce qui n'est pas intuitif, l'urbanisation croissante de la planète. La densité de population amènerait une moindre consommation de matières premières, car elle en permettrait une meilleure gestion. Une autre raison d'espérer tiendrait au fait que les pays émergeants sauteraient une étape dans leur développement, et adopteraient directement des techniques moins consommatrices de ressources.

Demeure la grande contradiction : la croissance de la production est une condition  nécessaire à la satisfaction des besoins de tous.  Pas de croissance, pas d'emploi. Or la croissance signifie épuisement des ressources naturelles et destruction de l'environnement. On ne pourra pas reporter à l'infini les limites du supportable.

Nos successeurs auront à trouver un autre système économique que celui en place depuis des siècles, qu'il s'appelle capitalisme ou communisme, où la satisfaction des hommes repose sur la production et sa croissance. L'équation sera d'autant plus difficile que les progrès de la productivité obligent déjà, et obligeront de plus en plus, à des taux de croissance plus forts pour maintenir l'emploi.

Toutes choses égales par ailleurs, mais le resteront-elles, on voit mal aujourd'hui d'autre solution que d'avoir un mode de vie moins obsédé par l'envie de consommer, ajouté à une répartition des revenus plus équitable. C'est à dire que les plus riches le soient moins. On n'est pas dans cette tendance aujourd'hui.

Rédigé par jdio

Publié dans #notre temps

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