coup bas à l'Europe

Publié le 11 Mars 2012

L'Europe est décidément bien mal en point.

Une Europe déjà très fragilisée

La crise financière a montré au monde entier la fragilité de l'Europe et ses vices de construction : union douanière et monétaire certes, mais hétérogénéité économique, budgétaire, fiscale, sociale.

Avec comme pêché originel une union monétaire d'économies à compétitivités divergentes, condamnant les plus faibles, faute de dévaluation compétitive, à la dette et à la récession. Irlande, Grèce, Espagne, Portugal, en ont fait les frais. L'Italie commence à payer, la France, avec ses déficits commerciaux abyssaux, le paiera bientôt si elle ne parvient pas à inverser la tendance.

Les élections françaises ne vont pas arranger les choses.

D'un côté François Hollande, perçu comme le naïf du monde politique, qui fanfaronne en annonçant son intention de renégocier le traité, si durement obtenu, sur la discipline budgétaire. Conséquence : les dirigeants européens ne craignent pas de faire l'injure au possible, voire probable, président de la France de ne pas le recevoir à l'occasion des visites effectuées dans leur pays. S'il est élu, ne doutons pas que François Hollande se souviendra des humiliations reçues, et ce n'est pas l'idée européenne qui en sortira gagnante.

De l'autre Nicolas Sarkozy, qui en 2007 voulait réintroduire la France dans l'UE, proclame à Villepinte sa ferme intention de renégocier les accords de Schengen. Moyen de se relancer dans sa campagne électorale.

Qu'il ait raison ou tort, le moment est particulièrement mal choisi. Le président a eu quatre ans pour le proposer, il a même été président de l'UE. L'Europe sort d'une crise de confiance majeure de la part des marchés, qui peut revenir à n'importe quel moment. Les pays européens eux-mêmes, et encore plus les peuples, doutent de cette Europe qui n'a jamais été dans les coeurs, et encore moins depuis son extension forcenée. Ces proclamations guerrières de la part d'un pays traditionnellement moteur de l'Europe est un très mauvais signal donné au monde de l'idée européenne.

L'Europe se délite, même si on a provisoirement sauvé la Grèce, en obligeant ses créanciers à passer par pertes et profits plus de cent milliards d'euros de prêts, consentis parce qu'il paraissait impensable aux européens et au monde qu'un pays de la zone euro fasse défaut. Ce que la Grèce a fait.

A l'heure où il faudrait serrer les rangs pour convaincre de l'intérêt de l'Europe, c'est le contraire qui est fait. L'Europe est certainement à repenser, certainement pas à supprimer.

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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