condamné sans être jugé

Publié le 12 Avril 2011

L'Express publie l'enregistrement de l'entretien qui s'est déroulé entre l'un des trois cadres accusés d'espionnage, et le directeur juridique du Groupe.

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Ce n'est ni une enquête ni un interrogatoire, mais le prononcé d'une condamnation, pour laquelle l'accusé n'a jamais été entendu!

Le directeur juridique, en charge aussi de la "compliance" dit-il, n'en fait guère preuve, n'osant jamais dire clairement de quoi MT est accusé, s'obstinant à lui répéter que ce qu'il a fait est très grave, et que Renault sait ! Et de proposer à MT soit une solution dure à la commissaire Moulin (!), avec information à Bercy (Tracfin) et le quai d'Orsay, soit une démission tranquille, et on ne parle plus de rien !!!

La bonne conscience du compliance officer est effrayante, sa capacité à accuser de la faute la plus grave, et sans  vouloir entendre la contradiction, n'a rien à envier aux intégristes de tous bords.

La loi civile ne s'applique malheureusement pas toujours dans l'entreprise, et ce qui est arrivé chez Renault, peut arriver dans n'importe quelle autre grande entreprise.

MT était un cadre supérieur, qui a fait toute sa carrière chez Renault, suffisamment important et compétent pour participer à une activité stratégique. La façon dont il a été traité, et le refus de Renault de vouloir l'entendre est d'un management d'un autre âge, et montre le peu de respect porté par le top management envers ceux qui sont en dessous, cadres sup y compris. D'un point de vue juridique, c'est un comportement contraire à la constitution et aux droits de l'homme.

On dit que le climat chez Renault est tendu, et que les cadres sont déboussolés. Carlos Ghosn marque de son empreinte l'entreprise, et tente d'y insuffler des méthodes de gestion nouvelles, qui heurtent pas mal de gens par la brutalité et la rapidité des changements.

Une entreprise comme Renault ne se résume pas à un président et un comité de direction, aussi bon soit-il. Il faut aussi un ciment pour lier les milliers de salariés à l'intérêt de l'entreprise. Cela s'appelle la culture d'entreprise.

Par son management, Carlos Ghosn incarne la rupture avec les précédents présidents. Il avait déjà instillé le doute et le questionnement chez nombre de cadres. Il ne doit plus en avoir beaucoup aujourd'hui pour avoir confiance dans le management de l'entreprise. S'il souhaitait mettre à bas la culture d'entreprise Renault, il a réussi. Mais l'entreprise n'en sortira pas plus forte.

Rédigé par jdio

Publié dans #notre temps

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