collectif Roosevelt2012

Publié le 2 Mai 2012

La campagne présidentielle tire à sa fin. En guise de conclusion, le fameux débat entre les deux survivants du premier tour. Un duel théâtralisé au maximum, préparé par des conseillers multiples, qui ne seront pas les payeurs bien entendu, où rien ne sera improvisé, pas même les effets de manche, réparties d'humour ou piques agressives. Un duel de comédiens mégalos, fous de pouvoir, et capables pour l'acquérir ou le conserver de se dépasser, au-delà des limites du raisonnable.

La croissance: un rêve qui ne deviendra pas réalité.

On parlera de croissance, et tous deux parieront sur leurs pouvoirs de magicien pour la faire revenir. Car point de salut sans croissance.

Pourtant, les économistes sérieux et capables de voir un peu plus loin que le bout de leur nez, savent bien qu'il n'y a guère plus qu'une chance sur mille que ce rêve de retour à la croissance devienne réalité.

La zone euro ne va pas bien. La dette totale des EU atteint 358% du Pib, deux fois plus que la Grèce. La bulle immobilière chinoise, presque trois fois plus grosse qu'elle ne l'était aux EU avant la crise des surprimes, commence à éclater. Comme elle a éclaté en Espagne, faisant entrer le pays en récession.

La crise de 1930

Cela fait dire à Kenneth Rogoff, ancien chef économiste du FMI, que "la prochaine crise risque d'être plus grave que celle de 1930".

Quand Roosevelt arrive au pouvoir en 1933, les EU comptent 14 millions de chômeurs, et la production industrielle a diminué de 45% en trois ans.

Il agit alors avec détermination et  fermeté. Son but ? Non pas justifier l'austérité, mais reconstruire la justice sociale. Il fait voter des réformes fondamentales, comme la séparation des banques de dépôts et des banques d'affaires, taxe les plus hauts revenus, crée un impôt fédéral sur les bénéfices.

Les catastrophes annoncées par les financiers ne se sont pas produites, même si c'est la guerre qui a évité que le pays ne retombe en récession. Mais les réformes de Roosevelt ont permis au pays de fonctionner sans avoir besoin ni de dette privée ni de dette publique jusque vers 1981, les années Reagan.

Le chômage, cause de la crise

Une des conséquences des politiques de dérégulation qui ont fleuri dans les années 80 a été de faire passer la part des salaires dans le PIB des pays de l'OCDE de 67% à 57%. Cela a conduit à augmenter tant la dette publique que privée, les impôts sur les salaires et la consommation étant la première ressource des Etats, et les salariés recourant à l'endettement pour maintenir leur niveau de vie.

C'est à cause du chômage et de la précarité que la part des salaires a tellement baissé. La course au taux de profit et à la productivité, qui en est son bras armé avec la délocalisation, et les fermetures d'entreprises, balayées par l'ouverture des marchés aux pays à bas coûts en sont la cause bien connues, et maintes exposées içi.

Ainsi, le chômage n'est pas seulement une conséquence de la crise, il en en est aussi une des causes fondamentales.

Nous ne sommes pas, comme le soutiennent les néo-libéraux, dans une crise de l'Etat-providence, mais bien face à une crise du capitalisme.

Pour Pierre Larrouturou, reconstruire la justice sociale est le seul moyen de sortir de la crise.

Deux stratégies pour le futur président.

Soit il pense que la crise touche à sa fin et se contente de gérér les finances publiques avec sagesse.

Soit il pense que le temps est compté avant l'effondrement du système économique, et il fait du Roosevelt :

- organiser un nouveau Bretton Woods, pour construire un nouveau système monétaire international. Le système monétaire actuel explosera quand la méfiance envers le dollar fera affluer les capitaux vers l'euro ou, surtout, le yuan. Cela faisait partie des rêves du président actuel.

- mettre fin aux privilèges des banques privées dans le financement de la dette publique

- lutter frontalement contre tous les paradis fiscaux, y compris les paradis européens (îles anglo-normandes, Suisse, Luxembourg, Monanco, Andorre, Liechtenstein)

- agir contre le chômage et la précarité, avec lancement des états généraux de l'emploi pour construire un nouveau contrat social mettant l'homme au coeur du dispositif (cf. le travail dévalué), et revalorisant le salarié par rapport à l'actionnaire.

 

Pour pousser le prochain président à l'audace, le collectif Roosevelt 2012 a été créé, avec notamment Pierre Larrouturou, Stéphane Hessel, Edgar Morin, Susan George, Michel Rocard, René Passet, Dominique Méda, la Fondation Abbé Pierre, la Fondation Danièle Mitterand, la Ligue de l'Enseignement ...

L'objectif  : provoquer un sursaut.

Rédigé par jdio

Publié dans #notre temps

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