cinq jours dans le Morvan

Publié le 17 Mai 2012

Le Morvan, c'est cette région dont on aperçoit rapidement le panneau publicitaire sur l'autoroute A6, mais où on ne va jamais, parce que, clichés obligent, il y pleut et il y fait froid.

Mais comme à l'ASB on a peur de rien, c'est une une randonnée découverte de cinq jours concoctée par Jean-Claude à laquelle nous nous sommes confrontés. 

Avant d'atterrir à notre lieu de villégiature, une double visite nous attendait.

D'abord le lac artificiel de Pannecière-Chaumard, construit autour de 1940, asséché depuis fin 2011 pour cause de travaux sur le barrage. C'est un spectacle étrange qu'un lac artificiel vidé de son eau. Les arbres noircis et dénudés, les vestiges des habitations des villages engloutis, donnent un aspect de désolation au paysage, qu'accentuait une châleur presque accablante.

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Pour s'en remettre, il ne fallait rien moins que la visite d'une tonnellerie au village voisin d'Ouroux, prétexte à la dégustation de vins de la Nièvre. A l'instar des visites de fabriques de tapis dans les pays du sud, la dégustation a débouché naturellement sur l'achat de produits. Avec un succès plus large que lorsqu'on visitera plus tard une saboterie, allez savoir pourquoi !

 

Autour de Gouloux.

Le samedi fut réservé à une balade de 15km autour de Gouloux, et de son église au clocher penché.

P1090378.JPGLe réputé saut du Gouloux (ci-contre) est situé à deux pas. C'est une cascade de 10 mètres de hauteur, créée il y a bien longtemps par une poussée des Alpes. On peut y voir les vestiges de deux moulins, l'un à céréales, l'autre à huile, faite à partir de choux-rave.

Si le temps est resté sec, la température avait été opportunément réglée à un niveau plus adapté au randonneur que la veille. Restaient quand même de larges traces de la pluviosité ambiante, qui auront marqué tous nos parcours, avec des GR dont on pouvait s'interroger sur la signification du R, randonnée ou rivière, et des flaques qui nous ont amené à faire des exercices d'acrobatie pour éviter de tremper les chaussettes. Même si certain affirme que ce n'est pas gênant!

On fit halte dans la belle maison du Parc du Morvan, composée de plusieurs habitations harmonieusement assemblées face à l'étang Taureau.

Il ne restait plus qu'à terminer ce qu'on avait commencé, et revenir à Gouloux, notre lieu de départ. Le randonneur adore ces actes gratuits où on tourne en rond, et où la ligne droite, celle qui est réputée la plus courte pour aller d'un point à un autre, est totalement ignorée.

P1090458.JPGA la saboterie, nous eûmes droit à la fabrication en direct d'une paire de sabots. 15 000 sabots, en bouleau, sont encore fabriqués dans ce petit atelier, habilement reconverti en fabrication de socles pour sapins de Noël, et même de maisons en bois biélorusse, mondialisation oblige. Adresse à communiquer au nouveau ministre du Redressement productif (pour l'aspect reconversion s'entend).

Un frugal repas nous attendait à l'hôtel Les Grillons du Morvan : bourgogne aligoté pour se mettre en bouche, farandole de crudités, fondue bourguignonne et son gratin, pour finir par une glace aux épices sur lit d'ananas (ou l'inverse). Rude est la vie du randonneur morvandiau et de la randonneuse morvandelle.

Pour les amateurs d'histoire, on soulignera que l'hôtel a été créé à la construction du barrage et du lac artificiel des Settons, autour de 1860. Il devait accompagner le développement touristique promis par la création du lac. De propriétaires en propriétaires, il est toujours là, agrandi et embelli. Le neurologue Jean-Martin Charcot y est mort en 1893, vraisemblablement dans la chambre 10 ou 14.

 
chemin de Grosse Rivière (GR) 
  la Maison du Parc du Morvan
 saboterie
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En suivant la Cure.

P1090500.JPGPour tout savoir sur la Cure, la rivière, pas la thérapie thermale, rien de mieux que wikipedia. Il y est écrit que cet affluent de l'Yonne prend sa source en amont du lac des Settons, et que son passage dans le Morvan est torrentiel.

15km nous attendaient, et ce fut rude, car si nous avons suivi la Cure, ce ne fut pas seulement le long de la rive, mais aussi d'en haut. Certes il y eut des descentes, mais dans le Morvan, comme ailleurs sans doute, avant de descendre, il faut monter. C'est ainsi qu'on put atteindre le rocher la Pérouse, qui offrit repos à nos jambes fatiguées et plaisir à nos yeux émerveillés.

Les bords de la Cure nous ont proposés des paysages complètement enchanteurs, à même de nous faire oublier les obstacles divers que la providence avait laissé sur le chemin pour contrarier notre avancée. Mais tout est bien qui a bien fini, et personne n'est allée se rafraîchir les idées dans l'eau vie, et sans doute fraîche, de la Cure.

C'est au contraire avec une bonne bière que notre suivi de Cure s'acheva.

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Autour des Settons

P1090569.JPGUne quinzaine de kilomètres au programme de la matinée, avec départ de l'hôtel. La randonnée a ce côté merveilleux qu'on fait en 10km ce que chacun fait en un, et qu'on emprunte des côtes pour atteindre la même hauteur que celle d'où on est parti. On a ainsi réussi à partir de 585m pour atteindre  585m avec une impression de tout le temps monter!

Sur le chemin du retour, nous pûmes nous promener au-dessus de la tourbière de Champgazon sur une passerelle aménagée, avant de pique-niquer auprès du lac.

L'après-midi, les randonneurs fatigués se contentèrent d'un parcours paisible le long du lac, tandis que trois aficionados en entreprirent le tour complet, soit 14,5km.

Pour aller dans le sens de la vocation culturelle de ce site, il doit être précisé que le lac des Settons, alimenté principalement par les eaux de  la Cure, est un lac artificiel de 367 hectares, issu de la construction de 1854 à 1861 d'un barrage destiné à réguler les eaux de l'Yonne afin d'y faciliter le flottage du bois jusqu'à Paris.

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Le repas du soir fut l'occasion de remercier Jean-Claude pour cette superbe randonnée, qui nous a offert l'opportunité de découvrir un bout d'une région belle et méconnue, avec des marches qui ont fait mériter les gâteries apéritives du soir.

 

Chastellux

P1090620.jpgMais quand c'est fini, ça recommence, avec, sur la route du retour, la visite du château de Chastellux.

Situé dans l'Yonne, la visite de ce château privé a été conduite par Monsieur le Duc en personne. Cela a été l'occasion de passer en revue toutes les grandes étapes de l'histoire de France, et au-delà, les Chastellux appartenant à la grande famille de l'aristocratie, où le jeu des alliances en milieu fermé fait que tout le monde est parent de tout le monde.

Fait rarissime tout de même, le château est toujours habité par la famille qui a été à l'initiative de sa construction au XIème siècle.

 

Le diaporama musical 

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Rédigé par jdio

Publié dans #escapades

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