cinéma - "margin call"

Publié le 9 Mai 2012

Film américain de J.C. Chandor

margin-call.jpg"Margin call" nous dépeint ce monde des traders et de la banque de marché, cause des désordres du monde, et fruit de la cupidité des hommes.

Inspiré de la déroute de Lehman Brothers, dans un passé pas si lointain banque d'investissement de référence, le film nous présente un monde gouverné par l'argent, qui achète tout, y compris et surtout les consciences.

Dans ce monde, les licenciements sont des actes de gestion ordinaire. Le vireur d'aujourd'hui est le licencié de demain. Survivre fait partie de la motivation, au même titre que l'argent.

Directeur des risques, Éric est renvoyé, à coup de centaines de milliers de dollars. Décision venue d'en haut. En partant, il laisse une clé USB à son jeune adjoint, où il a laissé  le début d'une étude qui montre que la banque est en position de risque au-delà des limites fixées.

L'adjoint poursuit le travail commencé, qui confirme le bien fondé des craintes.

La solution? Liquider la position, dans son entier et très vite, à n'importe quel prix. Cela n'est pas sans rappeler la décision prise par la SG dans la foulée des positions démentes prises par Jérôme Kerviel.

Compte tenu des milliards de dollars en question, la décision n'est évidemment pas anodine. Le marché va s'écrouler, la banque le sait, et accepte de vendre à des acheteurs, qui sont aussi ses clients,  des valeurs qui demain vaudront zéro.  Quand ruiner les autres est le seul moyen pour sauver sa peau, l'hésitation ne dure pas longtemps. On est à la veille du crash de 2008.

Car dans ce monde d'argent et d'écrans, il n'y a pas de place pour les états d'âme. Ceux du responsable des salles de marché ne résisteront pas à l'appel de l'argent.

margincall.jpgOn se demande d'ailleurs qui résisterait aux centaines, voire millions de dollars qui sont mis sur la table pour acheter les consciences. Pas les traders, qui obéiront sans broncher aux consignes de leur chef, pas le jeune adjoint des risques, qui va connaître au contraire la promotion espérée par le départ de son responsable, pas même Éric, le risquard viré, qui accepte de revenir une journée entière payée 176 000$ l'heure pour prix de son silence.

Les questions sur l'utilité sociale des activités pratiquées est bien quelques fois soulevée, comme des interrogations sur l'injustice de ces rémunérations faramineuses. Mais elles s'envolent vite sans attendre de réponse, noyées dans un flot de dollars.

Cet argent qui amène soumission et acceptation de tout.

Comme Sam, qui finalement retirera sa démission, et enterrera son chien adoré comme on enterre sa conscience.

Rien n'est prêt de changer.

Rédigé par jdio

Publié dans #un peu de culture

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