cinéma - "les neiges du Kilimandjaro"

Publié le 7 Décembre 2011

neiges-du-k.jpgMichel (Jean-Pierre Darroussin) est ouvrier et militant syndical. Mais avec la crise, l'entreprise qui l'emploie doit licencier. Son nom sera tiré au sort parmi les vingt qui seront concernés. Militant sincère et convaincu, sûr de ses combats, il envisage avec nostalgie cette pré-retraite forcée, qu'il vit cependant dans la joie grâce à l'amour de Marie-Claire (Ariane Ascaride), son épouse, de ses enfants et petit-enfants.

Ils sont fiers de leurs combats syndicaux et politiques. Les choses ont changé, ils ont conscience d'y avoir un peu contribué.

Pourtant ses certitudes vont voler en éclat quand deux jeunes hommes armés et masqués les frappent, les attachent, leur arrachent leurs alliances, et s’enfuient avec leurs cartes de crédit…. Pourquoi eux, des ouvriers, militants syndicaux , dévoués aux autres. Le monde a-t-il  changé à ce point là?

Leur désarroi sera encore plus grand quand ils sauront que c'est un ouvrier, licencié comme Michel, qui a fait le coup.

Il règne dans ce film un naturel et une spontanéité qui lui donnent une authenticité qu'on trouve rarement à ce point au cinéma. Robert Guédiguian montre admirablement ce monde en crise, où les repères s'effondrent, où les combats passés ne sont plus ni reconnus ni compris. Cet ouvrier d'autrefois passe aujourd'hui pour un nanti aux yeux des plus pauvres que lui. Lui l'ouvrier est devenu un peu bourgeois. Sauf comme le souligne Marie-Claire, qu'ils ne sont pas encore indifférents aux autres.

Reste l'amour que Marie-Claire et Michel se portent l'un l'autre depuis trente ans, et un indécrottable besoin d'aider les autres.

L'histoire du film est inspirée du poème de Victor Hugo "Les pauvres gens", dont le thème est la bonté, qui ne fait plus guère partie du monde, comme le montre Robert Guédiguian. On voit la seconde génération, celle des enfants de Michel et Marie-Claire se cramponner au maigre patrimoine familial, et ne pas comprendre l'acte généreux que leurs parents feront à la fin du film.

C'est bien un monde qui change que nous décrit Robert Guédiguian, où les valeurs collectives et l'intérêt porté aux autres s'effacent devant l'égoîsme devenu nécessaire si on veut survivre.

Que sera le monde sans des Michèle et des Marie-Claire?

Voilà un film formidable, qui fait chaud au coeur. A voir absolument.

Rédigé par jdio

Publié dans #un peu de culture

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