cinéma - les acacias

Publié le 12 Janvier 2012

acacias-copie-1.jpgSur l’autoroute qui relie Asunción à Buenos Aires, un camionneur doit emmener une femme qu’il ne connaît pas et son bébé. Ils ont devant eux 1500 kilomètres, et le début d’une belle histoire.

Une histoire où il ne se passe rien. Car c'est le miracle de ce film.

Le décor ? une cabine de camion. L'essentiel du film s'y déroule. Quelques brèves haltes dans des relais routiers, et on reprend la route. Le paysage argentin et des gros plans sur les visages de nos trois héros, dont un bébé de cinq mois.

Jacinta et Ruben se parlent peu. Lui ne voit pas d'un très bon oeil d'entreprendre ce voyage en compagnie d'un bébé. La route est longue jusqu'à Buenos-Aires. Jacinta ne se raconte pas, elle quitte son pays, elle fuit le malheur sans doute. Elle dira seulement que sa fille n'a pas de père.

Ils sont des gens simples, comme on dit. Ils n'en ont pas pour autant leur histoire. Mais ils ne se la raconteront pas. C'est par le partage de la longue route, de regards souvent furtifs, qu'ils vont se découvrir. Et puis il y a le bébé, ses grands yeux, ses mimes, ses pleurs.  Entre Jacinta et Ruben, les mots seront remplacés par des brefs sourires, un maté que l'on offre, un regard, un geste. Peu à peu, les barrières vont tomber, discrètement, délicatement.

Le film aurait pu s'appeler "La délicatesse", comme celui actuellement dans les salles. Le miracle est qu'avec ces dialogues épurés, cette absence d'histoire, ce décor minimaliste, cette absence totale d'effets spéciaux ou mélodramatiques, on ne s'ennuie jamais. Même si on connaît la fin de l'histoire à peine a-t-elle commencé.

Ce film de Pablo Giorgelli a été primé à Cannes de la Caméra d'Or, qui récompense le meilleur premier film.

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Rédigé par jdio

Publié dans #un peu de culture

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