Chirac - Balladur : les fruits de la haine

Publié le 21 Novembre 2010

Les faits

balladur sarkoEn 1994, Edouard Balladur est Premier Ministre, Nicolas Sarkozy est son Ministre du Budget. Le climat politique est tendu, c'est la campagne électorale pour l'élection présidentielle de 1995, et Balladur et Chirac, aidé par Villepin, sont adversaires.

Le 21 septembre 1994, la France via la DCN signe la vente de sous-marins au Pakistan pour 5,41 milliards de francs (826 M€). Des commissions de 338 MFF sont prévues à l'intermédiaire officiel français SOFMA, à laquelle vont s'ajouter 216 MFF à deux hommes d'affaires libanais imposés, tardivement par Donnedieu de Vabre, chargé de mission au Ministère de la Défense (le ministre est Léotard). Le rôle de ces intermédiaires dans l'obtention du contrat ne semble pas avoir été démontré.

Ces dernières commissions sont très bizarrement réclamées dès janvier 1995, ce qui est contraire aux pratiques habituelles, puis nos libanais vendent leur contrat à une banque espagnole 54MFF en avril 1995. A la même époque, 10MF sont versés sur le compte de campagne du RPR, dont la moitié en billets de 500FF. Des circuits complexes via des sociétés off-shore luxembourgeoises ont été repérés.

En 1995, Chirac est élu Président de la République, Juppé Premier Ministre, de Villepin Secrétaire Général de l'Elysée. Il décide de ne pas verser les commissions prévues aux intermédiaires libanais. Souci de moralité ? Coup bas donné à Balladur ?

Cette cessation est présumée pour certains, dont le juge d'instruction actuel, être la cause de l'attentat de Karachi : une voiture kamikaze percute un véhicule emmenant des personnes sur le chantier des sous-marins. Il y aura quinze tués, dont 11 salariés français détachés par la DCN de Cherbourg.

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La bataille politique

L'affaire Clearstream a vu déferler les effets de la haine entre de Villepin et Sarkozy. De Villepin soupçonné d'avoir voulu salir Sarkozy au travers de listes mentionnant le père de Nicolas, et toute la haine ensuite de ce dernier. Coups bas, petites phrases, procès, appel.

L'affaire de Karachi remonte aux origines de cette rivalité, à la base celle de Balladur et de son allié Sarkozy, face à Chirac et son partisan de Villepin, qui plus tard sera son Premier Ministre.

Vieilles haines, vieilles rancoeurs. Qui ont peut-être été la cause du non respect du contrat de commissions, entraînant l'attentat de Karachi. C'est en tous cas une hypothèse soutenue par beaucoup, dont une des filles de victime quand elle déclare que "nos pères ne sont pas morts pour la France, mais à cause de la France".

On peut s'interroger sur l'opportunité des ventes de matériel d'armement, on peut s'interroger sur la moralité du versement de commissions, passage obligé de tous les grands contrats civils et militaires, et des retro-commissions  qui visent toujours à tourner des interdictions légales, peut-on s'interroger sur le respect de la parole donnée ? Quinze personnes en auront peut-être payé le prix.

Article complet sur cette affaire

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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