Chenonceau - le château des Dames

Publié le 11 Septembre 2011

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Construit sur le Cher dont les eaux reflètent la beauté de son architecture Renaissance, le château de Chenonceau est le fleuron du Val de Loire.

 

"Château des Dames ", il doit beaucoup aux femmes pour son charme.

Il est bâti en 1513 par Catherine Briçonnet, il est embelli par Diane de Poitiers puis Catherine de Médicis, il est sauvé de la rage destructrice révolutionnaire par Madame Dupin.

L'histoire

Le château est construit de 1513 à 1521 par Thomas Bohier, receveur des Finances sous Charles VIII, Louis XII et François 1er. Les finances publiques auront été longtemps le moyen le plus usuel pour s'enrichir.

Catherine Briçonnet, la batisseuse.

Briconnet.jpgA l'acquisition des terres et du château primitif, Bohier fait raser tous les bâtiments, excepté le donjon. Très pris par sa charge, et souvent à la suite des armées dans le milanais, c'est son épouse, Catherine Briçonnet, qui prend en charge la surveillance des travaux. Elle est l'âme de ce château, marqué par des influences féminines et de maîtresse de maison. Le plan est simple et pratique : sur deux étages, quatre pièces réparties de chaque côté d'un vestibule central, et un escalier en rampe droite. Il n'y a pas de bâtiment sur le Cher à cette époque.

Les Bohier ne profitèrent guère du château, puisqu'ils moururent respectivement en 1524 et 1526. Et neuf années plus tard, leur fils Antoine dût vendre le château au roi pour payer la dette de son père.

François 1er utilisera Chenonceau comme rendez-cous de chasse.

Diane de Poitiers, la belle.

Diane_Poitiers.jpgQuand Henri II monte sur le trône en 1547, il offre Chenonceau à sa maîtresse, Diane de Poitiers.

Elle a vingt ans de plus que lui, mais belle et séduisante, elle bénéficie de toutes les faveurs, au grand désepoir de la reine, Catherine de Médicis, reléguée et humiliée. Diane sera la favorite du roi jusqu'à la mort de celui-ci en 1559.

Femme de goût, Diane commande un beau jardin, et fait édifier un pont reliant le château à l'autre rive du Cher. Elle passe à Chenonceau de beaux moments avec Henri II.

Mais tout a une fin, même les meilleures choses, et quand Henri II est tué en 1559 à l'occasion d'une joute contre Montgomméry, Catherine devient régente, et va se venger. Malgré les manoeuvres habiles de Diane, elle la forcera à lui céder Chenonceau contre Chaumont. Diane se retire alors au château d'Anet, en Normandie, où elle mourra sept années plus tard.

Catherine de Médicis, la fastueuse.

catherine_de_medicis_rein-3.jpgCatherine va satisfaire à Chenonceau son goût du faste et des arts. Elle fait tracer un parc, construire sur la pont aménagé par Diane une galerie à double étage, établir de vastes communs. Les fêtes se succèdent et émerveillent les contemporains. Repas, danses, mascarades, combat naval sur le Cher, sirènes et satyres, rien ne manque  aux réjouissances. En 1577, Henri III préside un festin champêtre qui coûte 100000 livres, et fait sensation : " Les plus belles et honestes dames de la cour étant à moitié nues et ayant leurs cheveux épars comme épousées, furent employées à faire le service avec les filles de la reine".

Louise de Lorraine, l'inconsolable.

Louise_Lorraine.jpgCatherine va léguer Chenonceau à Louise de Lorraine, sa belle-fille, épouse du roi Henri III. Quand ce dernier est assassiné en 1589 par le moine Jacques Clément, Louise se retire à Chenonceau. Elle prend le deuil en blanc, conformément à l'étiquette royale, et le garde jusqu'à la fin de sa vie, justifiant le nom de Dame blanche ou Reine blanche qui lui sera donné. Dans sa chambre, qu'on visite, les murs sont recouverts de velours noir, les rideaux sont en damas noir, les plafonds portent des couronnes d'épines. Onze ans durant, elle restera immergée dans le souvenir conjugal, partageant son temps entre l'oraison, la broderie, la lecture.

Madame Dupin, l'amie des lettres.

mme_dupin.JPGEn 1733, le fermier général Dupin, toujours un financier, achète le château. Son épouse y tient un salon où défilent toutes les célébrités de l'époque. C'est Jean-Jacques Rousseau qui est le précepteur de son fils, et pour qui il écrira son traité d'éducation "Emile". Elle vieillira dans son château, et passera sans encombre la rage révolutionnaire grace à l'affection des villageois qu'elle avait su s'attribuer. Elle est enterrée dans le parc.

 

Madame Pelouze, l'amateur d'ancien.

Elle achète le château en 1864, et fait de sa restauration l'affaire de sa vie.

Laure Ménier, la conservatrice raffinée

menier_200.jpgEn 1913, le château est mis en vente judiciaire. Henri Ménier, petit-fils du fondateur de la chocolaterie s'en porte acquéreur. Le château est dans la famille depuis.

Au sortir de la guerre et après de longues années de léthargie, le château était en piteux état. Hubert Ménier en confie la conservation à Bernard Voisin au début des années 50, qui conduira à bien les opérations de restauration, jusqu'à son ouverture au public.

Le château a retrouvé tout son éclat, il est aujourd'hui, avec un million de visiteurs par an, le château privé (il fonctionne sans subvention) le plus visité de France.Laure Ménier (ci-contre) et son mari en assurent la conservation et la gestion.

Le château

Il est composé d'un corps de logis rectangulaire et de tourelles aux angles. A gauche, la librairie et la chapelle. Sur le pont du Cher, la galerie construite pour Catherine de Médicis par Philibert Delorme. Cette longue galerie de 60m de long fut transformée en hôpital militaire pendant la grande guerre, juste après l'acquisition par Henri Ménier.

chenonceau-chateau-1.jpg chenonceau-facad-est-2.jpg chenonceau-facade-ouest.jpg chenonceau-chateau.jpg
chenonceau-douve.jpg chenonceau-jardin-cath-de-m.jpg chenonceau-galerie.jpg chenonceau-escalier.jpg

On peut admirer dans diverses pièces des tableaux des plus grands peintres de la Renaissance, Van Loo, le Primatice, Rubens, ou du 18ème siècle, Mignard, Nattier, Rigaud. On entre dans la chambre de Gabrielle d'Estrées, l'amante d'Henri IV, la chambre des cinq reines, dans celle de Catherine de Médicis. Et au 2ème étage, la chambre de deuil de Louise de Lorraine.

Dans le bâtiment des Dômes, un musée de cires évoque, en quinze scènes, les personnages qui ont habité le château.

Le parc.

Les jardins de Diane de Poitiers et de Catherine de Médicis sont deux superbes exemples de jardins à la française.

Celui de Diane est constitué de huit triangles remplis de gazon, buis et fleurs diverses, plantés deux fois par an.

Celui de Catherine comprend cinq pavés de gazon, plantés de rosiers grimpants et de cordons de lavandes.

On découvrira aussi l'ancien potager, et un labyrinthe circulaire.

 le jardin de Diane
 le jardin de Catherine
 le labyrinthe
 Philibert Delorme
 
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Rédigé par jdio

Publié dans #escapades

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