chapeau, la retraite

Publié le 22 Juillet 2010

bouton.jpg728 000 €. C'est le montant annuel de la retraite dite chapeau que SG verse à son ex-président Daniel Bouton.

C'est à dire plus de 30 fois la rémunération brute annuelle d'un jeune embauché employé de banque.

Pour quel bilan ?

Confondant sens de l'histoire et air du temps, Daniel Bouton a précipité la banque dans la financiarisation extrême à la mode des années 80. Ses priorités paraissent bien désuètes aujourd'hui :

- pas d'opération si elle ne dégage pas une rentabilité sur capitaux propres de 25%, taux sans aucun fondement économique, en complet décalage avec l'économie dite réelle.

- développement à tout crin de la banque d'investissement, autrement dit de spéculation, qui portera la SG au premier rang mondial de certains produits dérivés actions. Pourtant c'est Daniel Bouton qui plaisantait le patron de la Banque d'Investissement,  Jean-Pierre Moustier,  sur la scène du Palais des Congrès  devant des centaines de cadres dirigeants, en lui disant  "je ne comprends rien à ce que tu fais". Sous-entendu, mais tant que ça rapporte !

- priorité donnée à l'accroissement de valeur pour l'actionnaire. Autrement dit, croissance du cours de bourse, pour rendre opératives les très élevées stocks-option du top management

- filialisation des grandes activités de la SG, via une première étape, la subsidiarité. Chaque branche doit être autonome, avec sa RH, son informatique, sa communication, son système de rémunérations. Une muraille de Chine isolant la banque de détail, d'investissement, les métiers titres.

Que reste-t-il aujourd'hui ?

- une course incontrôlée aux opérations spéculatives et une permissivité débouchant sur l'affaire Kerviel et 50 milliards de bad bank, qui vont peser comme un boulet sur l'avenir de la banque. On peut ajouter un système de rémunération aberrant, offrant aux traders des rémunérations extravagantes, pour des opérations sans fondement économique, et sans tenir compte des risques pris.

- une érosion de la motivation dune grande partie des équipes, notamment de la banque de détail (appelée bétail par nos amis grossistes), qui ne trouve pas, on ne s'en étonnera pas, dans l'accroissement du cours de l'action pour rendre opérationnelle les strocks options la motivation suffisante pour se lever le matin dans la joie et la bonne humeur. 

- une impossibilité de travailler ensemble entre grandes branches. La subsidiarité a créé des cultures différentes, des rémunérations différentes, des systèmes informatiques différents, qui font qu'au total, le sentiment de travailler pour la même entreprise a disparu. Coulés l'esprit maison et la culture d'entreprise qui étaient la tradition et la force de la maison, et qui lui ont sauvé la mise à plusieurs reprises.

- sur les 3 piliers constituant la fondation de la SG, un est vendu pour une bonne part, l'autre part est à vendre, un autre a son business model à recréer.

- et au total un titre qui cotait entre 140 et 160 euros, et qui balance aujourd'hui entre 16 et 40 €. Et payés en monnaie de singe les cadres sup dits dirigeants, qu'on a rémunérés en stock-options pour leur faire croire qu'ils faisaient partie des grands.

 

728 000 euros de retraite annuelle pour cet ex-fonctionnaire et chef de cabinet d'Alain Juppé, c'est quand même beaucoup, non ? Qu'en pense Eric Woerth, réformateur du système des retraites ?

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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