ces gens qui nous gouvernaient ... sous influence (suite)

Publié le 22 Septembre 2010

estrees ecole fontainebleau

 

 

 

 

 

 

Gabrielle d'Estrées (à droite)  (École française, vers 1594)

 

 


 



On connaît les succès féminins d'Henri IV (1553-1610). Sa faiblesse est d'accéder à tous les caprices de ses femmes pourvu qu'elles partagent son alcôve. Ses conquêtes auront beau jeu ensuite d'asseoir leurs ascendant sur son esprit. La plus audacieuse sera Gabrielle d'Estrées (1570-1599), "la presque reine", à qui Sully, le célèbre ministre d'Henri, attribue plusieurs oeuvres politiques, dont la déclaration de guerre à l'Espagne en 1595. Mais sa plus grande gloire sera de pousser le roi à rédiger et signer le fondamental Édit de Nantes (1598), qui pacifiera enfin la France après des dizaines d'années de guerres de religion. Gabrielle eut trois enfants d'HenriIV, qu'elle ne put épouser en raison de son rang nobiliaire insuffisant de de sa réputation de "mauvaise vie". Elle mourut alors qu'elle était enceinte de quatre mois de son quatrième, après de terribles convulsions. Après sa mort, Henri IV écrivit : "mon affliction est aussi incomparable que l'était le sujet qui me la donne. Les regrets et les plaintes m'accompagneront jusqu'au tombeau. La racine de mon cœur est morte et ne rejettera plus... » . La belle Gabrielle eut droit à des funérailles royales. Le roi porta le deuil en s'habillant tout de noir, ce qui n'était pas permis aux rois de France.  


                                                                    

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Louise de la Vallière

Née à Tours en 1644 au manoir de la Vallière,  Louise de La Vallière (1644-1710) arrive à la Cour à dix sept ans en tant que demoiselle d'honneur de la première épouse de Monsieur, frère du roi. Discrète et modeste, elle tombera vite amoureuse du roi, dans les bras duquel l'a poussé le comte de Saint-Aignan. L'idylle sera vite connue, et fera la colère des dévots, Bossuet en tête. Après la mort d'Anne d'Autirche, la liaison devient officielle, aux regrets de Louise qui aurait préféré la discrétion. Apparaît bientôt "l'incomparable" marquise de Montespan, qui devient très vite la nouvelle maîresse de Louis. En 1667, il fera Louise duchesse, et légitimera ses deux derniers enfants. Ce sera le début de la disgrâce. Louise restera encore à la Cour, cohabitant avec ses rivales. Après une dure maladie qui lui fera frôler la mort en 1670, elle demandera au roi l'autorisation d'entrer au Carmel, où elle vivra, sous le nom de Louise de la Miséricorde, ses trente six dernières années. Avant de se retirer, elle aura fait ses excuses publiques à la reine Marie-Thérèse, ce qui aura fait grand bruit. Saint-Simon la qualifiera de sainte, et Sainte-Beuve dira d'elle qu'elle était la plus intéressante des favorites du roi.
Montespan.jpg Mme de Montespan (1640-1707), née Rochechouart de Mortemart arirve à la Cour de Louis XIV (1638-1715) en 1660 comme dame d'honneur de le reine Marie-Thérèse, (1638-1683) épouse gauche et timide du roi. Elle a épousé en 1663 le marquis de Montespan, avant de devenir la maîtresse du roi en 1667. Pendant plus de dix ans, "l'incomprable" ou la "belle madame", comme l'appelle la Marquise de Sévigné, (1626-1696) régnera sur Versailles, remplaçant à merveille la reine, timide et source de railleries. Elle fera briller ce qu'on a appelé 'l'esprit des Mortenart", et protègera  La Fontaine, Corneille, Molière Lully. Louis XIV s'en servira comme "d'une beauté à montrer à tous les ambassadeurs" (Mme de Sévigné).  Avec elle, Louis XIV vivra le luxe et les plaisirs, qu'il ira se faire pardonner dans la chambre de Mme de Maintenon. Mais quand Louis XIV tombera follement amoureux de Mlle de Fontanges (1661-1681), jeune et jolie oie de 17 ans, c'en sera fini de Mme de Montespan. Le décès à 20 ans de Marie-Angélique surviendra en pleine affaire des poisons. La marquise sera soupçonnée, à tort, et Louis XIV délaissera progressivement la marquise. Elle restera à la cour jusqu'en 1691, puis se retirera à Paris où elle vivra dans la dévotion. Elle eut du roi sept enfants, dont 6 furent légitimés.

maintenon.jpgDe toutes les maitresses de  Louis XIV (1638-1715),  Mme de Maintenon (1635-1719), qu'il finira par épouser secrètement, lui est la plus dévouée. Elle sait que Louis a peur de l'enfer et de la damnation éternelle. Avec la complicité de Bossuet, elle l'entretient dans ses superstitions pour parvenir à ses fins. Avec elle, les persécutions contre les protestants redoublent d'intensité. On lui attribue la plupart des désastres qui ravagent la France à la fin du règne de Louis XIV. Sa relation avec le roi date de 1665, et finira avec la mort de Louis XIV.

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pompadour-par-francois_boucher1757-26k-copie-1.jpgA part  Mme de Maintenon, aucune femme n'a acquis autant d'influence que  Mme de Pompadour (1721-1764). Elle rencontre  Louis XV (1710-1774) en 1745, à un bal masqué en l'honneur du mariage du dauphin. Le roi est déguisé en if, elle en bergère. Il la nommera marquise dès juillet 1745, l'installera au palais des Tuileries, puis lui achètera l'Hôtel d'Evreux, plus connu aujourd'hui sous le nom de palais de l'Elysée. Femme de goût, elle exercera un véritable mécénat. Surtout elle s'empare de l'autorité royale, pesant lourdement sur l'administration intérieure et sur le gouvernement, les finances, la police, les relations extérieures, la guerre et la paix. Quant au bout de cinq ans le roi ne sera plus attiré par la marquise comme aux premiers jours, elle deviendra une confidente et conseillère dont le crédit augmentera de jour en jour. Pour entretenir son emprise sur le roi, elle favorisera ses ébats en lui ménageant au fameux Parc-aux-Cerfs des rencontres inavouables avec de jeunes beautés consentantes. Le 1er mai 1756, avec l'aide de Bernis et de Choiseul, elle amène Louis XV à signer avec Marie-Thérèse d'Autriche une alliance qui jette la France dans la difficile guerre de sept ans

On ne sait exactement quand apparurent les premiers symptômes de ce que la thèse actuelle admet comme étant de la schizophrénie et dont  Charles VI souffrit jusqu'à la fin de ses jours. Parfois la présence d'une belle courtisane ...                                                              

voir l'article d'Historiacharles VI '                                                            

Pour financer sa campagne présidentielle de 1848, Napoléon III  sollicita sa maîtresse  Elisabeth-Ann Haryett, dite Miss Howard. Elle hypothéqua sa maison, vendit ses chevaux, mit en gage ses bijoux. Napoléon fut élu. Elle remit 2 millions en 1851 pour financer le coup d'état ...     

voir l'article d'Historianapoleon-III.jpg                                                   

du-barry21.jpgdu_Barry-1919_1.jpgDans la vie amoureuse de Louis XV, le nom de la comtesse du Barry (1743-1793) reste étroitement associé à celui de la Pompadour. La du Barry ne va pas chercher à décider de la paix ou de la guerre, ni à jouer un rôle politique. Mais elle agit avec efficacité dans les affaires intérieures, et au mieux de ses intérêts. Sa puissance va devenir incontestée, des hommes d'état, des magistrats, des princes et des princesses iront jusqu'à courtiser sa perruche, son singe, et son négrillon, Zamore. A la révolution, elle est incapable de masquer ses richesses, et sera conduite à l'échafaud (cf. image de droite).


  zoe-talon.jpg Zoé Talon, comtesse du Cayla  

Peu après son avènement au trône de France en 1815, Louis XVIII (1755-1824) se jette dans les bras de Zoé Talon (1785-1852), comtesse du Cayla par son mariage à 17 ans avec le comte du Cayla. Mariage de convenance, qui amènera très vite les deux époux à prendre leur liberté. Menant une vie très libre, elle sera sous l'empire la maîtresse du ministre de la police Savary (1774-1833), qui la sauvera des suites fâcheuses qu'auraient pu lui causer les propos hostiles qu'elle a tenus contre l'empire.  Sa liaison avec le ministre, qui est devenu duc de Rovigo, durera plusieurs années (elle en aura deux enfants), tandis qu'elle est toujours en procédure avec son mari chez qui elle vit toujours. La procédure durera vingt ans. Pour l'aider dans sa bataille conjugale, elle demande l'aide du roi qu'elle rencontre en 1821. Elle lui joue la même comédie de l'émotion que celle qui avait réussi avec Savary. Elle va dès lors deux à trois fois par semaine aux Tuileries, d'où elle ramène à chaque fois quelques sacs de louis d'or. Louis XVIII lui offrira aussi le château de St Ouen. Elle incitera le roi à annuler les mesures libérales de la Restauration, et à se réconcilier avec avec son frère, le comte d'Artois, futur Charles X (1757-1836). Elle sera aux côtés du roi quand ce dernier mourra. Charles X fera en sorte qu'elle n'hérite pas de Louis, et Louis Philippe lui demandera en 1830 de quitter la vie publique. Elle se retirera dans son château de St Ouen, où elle s'occupera d'agriculture. Un mouton et une rose portent son nom.

Rédigé par jdio

Publié dans #un peu d'histoire

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