Capdevielle - mort d'une entreprise et agonie d'une filière

Publié le 12 Janvier 2011

Un immense procès s'est tenu au tribunal de Commerce de Mont-de-Marsan, rassemblant 550 anciens salariés de l'ex entreprise Capdevielle. Histoire édifiante de cette entreprise, représentative d'un certain mal français.
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Capdevielle est crée en 1929 dans ce bassin d'Hagetmau, dans les Landes, où le bois est travaillé depuis des décennies. Fabriquant des canapés et des sièges, son chiffre d'affaires culminera à 130 millions d'euros, employant  encore 1200 personnes en 2005. Les difficultés apparaîtront à la fin des années 90, pour aboutir à la mise en règlement judiciaire en mai 2009, et la liquidation judiciaire sans poursuite d'activité en avril 2010. Auparavant en 2008, la famille Capdevielle aura vendu l'affaire 1€ symbolique à un fonds d'investissement luxembourgeois.
 
Pourquoi cette déroute?
La raison principale paraît être une baisse des achats de BUT et CONFORAMA, à qui Capdevielle écoulait 70% de sa production. Face à la pression des prix sur un marché très concurrentiel, les deux Groupes achètent dorénavant 90% de leurs produits en Chine. Capdevielle ne réalisait plus qu' un chiffre d'affaires de 53 millions d'euros la dernière année, pour 550 personnes employées.
D'autres raisons aussi : la faillite de la Camif, un important client, le raccourcissement des délais accordés par les fournisseurs, conséquence de perte de confiance, le refus des banques de prêter les 4 millions d'euros nécessaires à la poursuite de l'activité, sans doute faute de "business model" convainquant .
Un autre fabricant de meubles landais s'était proposé de racheter Capdevielle, mais y a renoncé faute d'engagements suffisants de chiffre d'affaires de la part de But et Conforama.
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Capdevielle appartenait à une filière française en grande difficulté, comme tant d'autres.
Si elle disposait d'un vrai savoir-faire, elle a pris le risque de dépendre de deux clients importants. Elle était positionnée plutôt sur la basse et moyenne gamme, la plus sensible au prix, avec des clients oeuvrant dans un univers très concurrentiel. Capdevielle a tenté l'externalisation d'une partie de sa production, d'abord en Tunisie, cela a été un échec, puis en Chine. En vain.
Il eût fallu peut-être pour sauver Capdevielle s'extraire des lois du marché, au moins pour un temps, pour faire que But et Conforama continuent à lui acheter, le temps de donner à l'entreprise des axes stratégiques viables, et de lui trouver un nouveau partenaire, industriel cette fois. 

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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