c'est le système qui est en crise

Publié le 17 Novembre 2011

Chaque jour voit ses annonces de suppression d'emplois. La mise en oeuvre des plans d'austérité qu'attendent les marchés risque de faire exploser le système.

Comareg (journal gratuit "Paru Vendu")  1600; SeaFrance (groupe SNCF) 880; SG 600; BNPP 1398; PSA 5000.

C'est le nombre de suppressions d'emplois annoncé ces trois derniers jours. Tous les jours ont leur cortège de fermetures d'usines, de délocalisations, compétitives ou non, de "dégraissages" d'effectifs. Quand ce n'est pas le privé, c'est le public avec le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux.

A ce jeu là, les salariés ont le sentiment d'être des glandeurs, et une charge pour leurs employeurs, alors qu'ils devraient en être la substance.

Les frais de personnel sont réduits au rôle de variable d'ajustement, sur laquelle on joue, parfois pour survivre, parfois pour maintenir ou augmenter le taux de profit, et par là le dividende et le cours de bourse. Les stock-options des dirigeants y contribuent pour leur part.

Les plans d'austérité qui sont devant nous vont encore aggraver la stagnation ou la récession, qui va s'étendre au monde entier.

Les EU viennent d'annoncer que l'endettement de l'Etat fédéral représentait 100% du PNB. C'est évidemment intenable, et c'est tout le système qui est en phase d'exploser.

Depuis des années, les autorités financières internationales s'efforcent de réglementer les institutions financières pour éviter le risque dit systémique, qui entraînerait le monde dans une crise économique et financière pire que celle de 1929. Cela a débouché sur les accords dits de Bâle 1, puis Bâle 2, maintenant Bâle 3 en cours de négociation. Ils n'ont rien évité, ils n'ont pas empêché la faillite de Lehman et ses conséquences, ni la crise des subprimes, ni celle de la zone euro. Car ils n'ont pas empêché la course effrénée des institutions financières au développement des opérations de marché faussement lucratives, de pure spéculation pour la plupart. Des opérations d'une énorme complexité, aux risques mal approchés, et qui ont été mises en place après l'établissement des règles de gestion (risques, comptabilisation ...). On avance en marchant, certes ...

C'est tout le système qui est en faillite.

Le capitalisme a triomphé à la fin des années 80 avec la chute de son modèle alternatif, depuis longtemps moribond, que constituait le communisme.

A partir de là, le capitalisme s'est radicalisé. Il vit son intégrisme.

Et s'il était en train d'exploser?

Pour les dirigeants économiques et politiques de l'époque, la chute du communisme a consacré la supériorité de capitalisme, et de la suprématie du marché, que rien ne doit entraver, surtout pas les Etats.

L'ouverture des frontières est devenue un dogme, avec ses gourous que furent l'OMC et la Commission européenne qui, confondant fin et moyen, ont cru que la liberté sans entrave du commerce mondial allait profiter au monde entier. Comme si le  "gagnant-gagnant" existait en compétition.

La financiarisation de l'économie en a été le premier résultat, consacrant la suprématie de la finance sur l'économie réelle :

- mondialisation des marchés financiers, permise par les technologies et la liberté des changes,

- culture -culte?- du résultat, avivée par l'arrivée de nouveaux instruments financiers débouchant sur des opérations en apparence très profitables, et bond en avant des opérations pour compte propre, de pure spéculation

- entremise explosive des banques d'investissement dans les fusions-acquisitions, transformant en monopoly purement financier, et trop souvent au seul intérêt des banques, le jeu des rapprochements d'entreprises. Sauf quelques opérations positives, le résultat en a été le plus souvent la mort d'entreprises, la délocalisation, la suppression d'activités au nom de la rationalisation, la création de géants sans âme, ingérables, aux choix stratégiques flous et changeants au gré des changements de dirigeants. Donnant le sentiment aux salariés d'être des pions qu'on balade, au mieux. Au pire, une charge empiétant sur le taux de profit! Cette absence totale de considération pour les hommes qui font l'entreprise contribue au mal-être croissant de nombre de salariés, et à la dévaluation de la valeur travail qui guette nos sociétés.

 

Des économistes, pour qui tout allait bien il y a encore quelques années, parlent maintenant de décennie (la prochaine) perdue pour l'Europe, à l'instar du Japon des années 90. Cela risque d'être plus qu'une décennie si le capitalisme n'est pas capable de faire sa révolution culturelle, qui mettrait l'homme au coeur du système, et non le profit réalisé dans le seul intérêt de quelques uns. Ce n'est pas gagné.

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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