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Publié le 30 Décembre 2011

Fukuyama_1.jpgAprès la chute du communisme, l'Histoire devait s'arrêter. Sous l'effet de la globalisation et d'un système économique unique, le monde devait s'uniformiser. Les dernières années, et encore plus les derniers mois, ont contredit Friedman et Fukuyama (photo ci-contre).

2011 - démocratie et crise de l'Europe

La démocratie aura marqué des points en 2011.

La révolution arabe, qui a surpris le monde, a fait tomber des régimes autoritaires qu'on croyait indéboulonnables, et dont toutes les démocraties de l'ouest s'arrangeaient. Mais en Tunisie, Egypte, Libye, les peuples ont eu raison des dictateurs. La Chine, la Russie et bien d'autres pays, connaissent des soubresauts, et le couvercle ne pourra pas éternellement être maintenu sur la bouilloire de la liberté.

2011, cela aura été aussi la quatrième année de la crise économique et financière.

Surprise de taille, c'est l'Europe qui a été le plus touché. Parce que les vieux pays autrefois dominateurs du monde se sont crus installés pour l'éternité, bien abrités derrière une monnaie unique qu'ils ont voulu croire protectrice de tous les maux, ils ont transgressé toutes les règles de saine gestion qu'appliquent tous les pères de famille ayant un tant soit peu de bon sens. Parce qu'ils ont laissé la bride libre aux puissance de l'argent et au tout marché, le réveil a été brutal quand ce même marché a pris conscience que les bilans des Etats étaient des bilans de faillite. L'euro fêtera ses 10 ans en 2012, mais dans quel état?

Enfin 2011 aura vu les limites du droit d'ingérence, avec la fin de l'intervention américaine en Irak, confirmant les limites de l'interventionnisme en matière de politique étrangère.

Les américains laissent un pays à feu et à sang, en prise aux luttes tribales et religieuses, et gangrené par la corruption. Le remède n'a-t-il pas été pire que le mal? Pas de plus grand succès dans l'Afghanistan voisin, qui voit les armées occidentales partir progressivement, sans situation stable pour le pays. L'intervention en Libye, décidée par compensation à l'aveuglement sur la révolution tunisienne, a connu plus de succès car assise sur une réelle volonté populaire. Mais le dictateur syrien massacre au quotidien, devant l'impuissance du monde.

2012 - crise de l'Europe et démocratie

L'Histoire ne s'arrêtera pas non plus en 2012.

La démocratie dans les pays arabes qui ont fait la révolution n'est pas encore installée.

On sait que les extrémismes, les armées ou les puissances de l'argent sont plus rapides à s'accaparer le pouvoir que les peuples. L'armée égyptienne fait des perquisitions dans des ONG ou opposants que Moubarak n'avait jamais osé faire. Le chemin sera difficile pour trouver le juste équilibre entre démocratie, islamisme, identité culturelle.

La crise financière est loin également d'être finie.  

Au mieux, les plans d'austérité seront exécutés. On verra la récession, la montée du chômage, de la pauvreté et de la précarité, avec au bout, peut-être, la sortie du tunnel. Mais à quel prix ! Au pire, les gouvernements céderont aux pressions justifiées des peuples, l'euro explosera avec la zone euro, le protectionnisme sera la nouvelle doctrine, et c'est une crise du type 29 qui surviendra, avec faillites en séries et explosion du chômage qui nous fera regretter le bon temps où il ne représentait que 10% de la population active!

Les pouvoirs politiques sont largement déconsidérés dans la plupart des pays de l'ouest, parce qu'ils n'ont rien vu venir, parce qu'ils ont laissé le tout marché prendre tout le pouvoir, parce qu'aujourd'hui cantonnés aux limites des États, ils sont impuissants à lutter contre les marchés mondialisés, parce que les victimes de la démesure ne sont pas ceux qui en auront profité.

Sauront-ils profiter de la situation pour reprendre la main, et s'entendre pour réguler les marchés avant le cataclysme final? On peut en douter quand on voit les piètres résultats obtenus par les dirigeants de la zone euro, les échecs du G20, et le refus des pays de la zone Asie d'appliquer les règles de sécurité appliquées par les régulateurs bancaires (Bâle III).

Jamais depuis la seconde guerre mondiale, le monde aura été en tel danger. Loin de s'arrêter, l'Histoire s'est accélérée, à nous donner le vertige.

 

 

 

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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