manipulations

Publié le 5 Novembre 2011

Donnez-moi votre confiance, afin que je démissionne!

crise-grecque.jpg

C'est ce qu'a demandé le Premier Ministre grec à son Parlement. Et qu'il a difficilement obtenu, par 153 voix sur 300.

La démocratie ne sort pas grandie de ces manoeuvres, où le peuple et ses représentants sont manipulés à la seule fin d'assurer à un premier ministre contesté une sortie honorable.

Cette épopée grecque a au moins un mérite : la sortie d'un pays de la zone euro, sujet tabou avant la crise, est maintenant un sujet d'étude.

Les questions de fond, qui ont été évacuées d'une pichenette à la mise en place de l'euro, sont désormais posées :

- un pays faible a-t-il intérêt à rester dans la zone euro?

- combien de temps les pays riches, espèce en voie de disparition en Europe, seront -ils prêts à payer pour les moins riches?

fmi.jpgLe vrai problème de la Grèce, comme de l'Espagne, l'Italie, et la France aussi, c'est la perte de compétitivité qui balaye leurs industries et leurs emplois, et fait exploser les déficits, intérieurs et extérieurs. On produit de moins en moins dans nos pays, on achète de plus en plus à l'étranger. Il est normal que l'emploi s'installe là où se fait la production.

D'où des Pib en stagnation, des recettes fiscales en baisse générant des déficits, le recours à l'endettement  pour les financer. Suivent les plan d'austérité, qui, faute de pouvoir augmenter les recettes, diminuent les dépenses. Avec pour conséquence de réduire encore la croissance. La récession est au bout.

Il est probable que le futur premier ministre, aujourd'hui ministre des Finances, optera pour le maintien dans l'euro. A court terme, cela évitera à la Grèce une crise majeure. A moyen terme, cela ne résoudra pas le problème de compétitivité de la Grèce, et la crise rebondira.

Quand l'Argentine s'est mise en défaut, cela a généré une crise formidable, avec chômage et misère. Elle a duré deux ans. La situation est aujourd'hui en plein redressement, la confiance des pays est presque retrouvée, une monnaie remise à niveau a permis à l'Argentine de retrouver sa compétitivité. crise-grecque-sous-controle-FMI.jpg

La fin du dogme de l'euro fort ? 

Une piste pour la zone euro pourrait être de laisser filer quelque peu l'euro. D'en terminer avec le dogme d'un euro fort bienfaisant.

Qu'a-ton à faire d'un euro fort si le prix à payer est la disparition des industries et des emplois?

Seulement, la conséquence sera une hausse des taux et un renchérissement de la charge de remboursement des emprunts libellés en devises. Avec le niveau d'endettement de la quasi-totalité des pays européens (cf. "pourquoi la France est mal notée"), cela va vite devenir insupportable.

La marge de manoeuvre est donc faible, ce n'est que par petites touches que les actions pourront être engagées, en même temps qu'une gestion fine et opportuniste de la dette. Ce n'est pas quelque chose qui va enthousiasmer les peuples, car les résultats ne peuvent s'envisager qu' à long terme. Et d'ici là, il ne devra pas être question de relâcher la pression budgétaire. Ce n'est pas ce qu'attendent les populations, qui, à part quelques unes, se serrent la ceinture depuis beaucoup d'années, et n'ont pas le sentiment d'avoir tiré profit de la croissance.

On a cru que l'euro allait apporter prospérité et stabilité. Et que la prospérité serait d'autant plus grande que l'euro serait fort.

C'est une ineptie économique : c'est la prospérité qui engendre une monnaie forte, pas la monnaie forte qui crée la prospérité. Le proclamer comme on le fait depuis quinze ans relève de la manipulation. On le paie aujourd'hui.

crise grece

Rédigé par jdio

Publié dans #notre temps

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article