attention danger! il fait beau ...

Publié le 27 Mars 2012

Avril avait été exceptionnel en 2011, cette année c'est mars qui est hors la norme.

Et avec le beau temps, retour des inquiétudes.

La sécheresse d'abord, risque majeur pour des agriculteurs qui sont devenus des consommateurs d'eau extraordinaires, en même temps que les premiers pollueurs des sols, des nappes phréatiques et d'une partie de la faune.

La pollution d'autre part. Quand il fait beau, la pollution reste dans les airs, et fait de nos villes et territoires, on le sait bien, des lieux où respirer devient dangereux. Et pas uniquement dans les grandes villes qui meublent des cuvettes où l'air est rare. Un département comme la Manche, entouré de trois côtés par la mer, battu par les vents, a dépassé la norme autorisée!

pollution.jpgAlors partout, on demande aux automobilistes de rouler 20km/h moins vite. Ce qui on le sait est un voeu pieu, et toute verbalisation à ce sujet étant probablement juridiquement contestable.

Nouvelle étape dans les mesures de restriction, on demande aux gens de limiter leur respiration. Pas de l'arrêter, non, pas encore! Ainsi dans l'Orne, département rural s'il en est, il est conseillé de ne pas courir. Et dans certaines écoles, les directeurs ont interdit les jeux actifs à la récréation. C'est une halte dans le "bouger plus" qu'on nous demande pour faire de nous de beaux futurs vieillards.

C'est l'infernal paradoxe du mode de développement du monde.

L'écologie est totalement absente du débat électoral français, plombée par une Eva Joly moyennement sympathique et peu crédible dans ses convictions écolo, et surtout par une crise économique qui place la croissance et l'emploi à un rang prioritaire par rapport à l'environnement.

Mais le problème, à long terme, reste entier. Dans le système capitalo-productiviste qui est celui adopté par le monde entier, la survie des hommes dépend du couple production/consommation. Et comme la production par travailleur augmente sans cesse sous l'effet des gains de productivité, nous sommes condamnés à consommer sans cesse davantage pour assurer l'emploi.

Or la production a ses limites. Les ressources naturelles, on le sait, ne sont pas inépuisables. L'eau en est le plus bel exemple, qui est devenue un bien rare dans une grande partie du monde, et qui le devient dans les autres. On en parle peu, ce sera pourtant le problème numéro 1 du monde dans les années futures.

La pollution ensuite. Produire demande non seulement des ressources naturelles pas toutes renouvelables, mais aussi pollue l'environnement. Allergies, problèmes respiratoires, envahissent nos villes et nos campagnes. On interdit aujourd'hui de courir dans la cour des écoles, en arrivera-t-on demain à interdire de marcher dans la rue, ou même de sortir de chez soi?

C'est comme si le monde courait à sa perte, sans qu'on puisse ou veuille l'empêcher. Nous sommes condamnés à produire de plus en plus pour donner du travail aux populations et leur permettre de vivre; et en même temps nous savons que cette course épuise la planète et en rendra impossible la vie.

Des milliers d'espèces animales ont déjà disparu, victimes du développement des sociétés humaines. Ce même développement pourrait bien sonner le glas de l'espèce humaine aussi.

En attendant, il fait beau! profitons en tant qu'il est encore (beau) temps!

chaise-longue.jpg

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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