un symbole : le pouvoir des agences de notation

Publié le 7 Août 2011

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Quand on a la fièvre, il est vain d'en accuser le thermomètre.

De même, on ne peut pas reprocher à Standard & Pooor's d'avoir déclassé la note des EU.

Ce qu'on doit regretter, c'est le pouvoir que le système a donné à ces trois agences privées américaines, c'est la faillite des politiques, qui ont accepté la soumission aux marchés, ce qui se passe en est le symbole, et qui n'ont pas su limiter leur pouvoir en créant des organismes alternatifs.

Depuis plusieurs mois, les politiques crient en vain leur désarroi face à ces officines qui mettent les économies en péril, et contrecarrent les plans de redressement. Pourtant leur fiabilité n'est pas assurée, on sait qu'elles n'ont pas vu venir la crise des subprimes en 2007, pas vu la bulle internet en 2000, pas vu non plus la crise asiatique en 1997.

Pour se rattraper peut-être, Moody's a récemment déclassé le Portugal, et l'Europe est dans le colimateur. Une Agence n'a t-elle pas annoncé que la France serait déclassée en 2013, et notée en "spéculative" en 2023 !?

Au tour des EU aujourd'hui, mais danger!  leur monnaie est celle du monde.

Les agences de notation ont été créées aux USA en 1868 pour l'une, au début du 20ème siècles pour les deux  autres. La finalité était de noter les entreprises industrielles et commerciales, pour faciliter notamment la réalisation des voies ferroviaires et le recours aux entreprises locales qu'elle nécessitait.

Le début des années 80 a vu leur rôle grandir avec la mondialisation, et leur périmètre géographique s'étendre. Elles ont noté des institutions financières, puis des produits financiers, puis des Etats souverains.

Leurs notations sont aujourd'hui le socle des opérations des traders et des institutions qui se trouvent ainsi dispensées d'avoir leur propre système de notation. La consécration est arrivée avec les réglementations internationales Bâle II et Bâle III, qui imposent aux banques la notation de leurs créances. Tous les intervenants sur les marchés aujourd'hui obéissent donc à ces trois agences de notation.

Conséquence : le déclassement entraîne des effets mécaniques et immédiats incontrôlables.

Là où le bât blesse, c'est que ces agences sont des sociétés privées, donc à profits, dépendant de la SEC  qui reconnaît elle-même qu'elle ne s'en occupe pas beaucoup. Aussi, elles sont rémunérées par ceux-là même qu'elle note. Ni l'Europe ni l'Asie n'ont aucun pouvoir de contrôle sur ces trois sociétés.

Outre que noter un pays est sensiblement plus complexe qu'une entreprise, et plus lourd de conséquences aussi, doit-on accepter qu'une société commerciale, dont le but est de faire du profit dans l'intérêt de ses actionnaires, ait le pouvoir d'abattre un pays, en rendant vains tous les plans de redressement qu'il met en oeuvre?

Certes les gouvernements sont depuis longtemps irresponsables, et jouent l'autruche en refusant de considérer le tas de dynamite sur lequel le monde  est assis. Le mérite de Standard & Poor's est de crier au monde un "ça suffit" que les experts les plus sensés crient depuis longtemps sans être entendus.

Mais il serait plus conforme à la déontologie que ces alertes soient données par un organisme international, gravitant autour de l'ONU ou du FMI par exemple, plutôt que par des entreprises cotées, incontrôlées, et dont les annonces sont aussi la publicité.

Elles sont le symbole de l'évolution du monde depuis le début des années 80 : prédomnance de la sphère financière sur le monde réel, déclin du politique, dont le territoire est national dans un monde mondialisé.

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Voir aussi:

- on va trembler dans les chaumières

- et si d'un mal venait un bien

rien n'est réglé

- on a sauvé la Grèce. Et après?

- le pire est devant

- la menace de la dette américaine

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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