réussite et morale

Publié le 29 Février 2012

Plus on progresse dans la hiérarchie sociale, moins on a de morale.

cupidite.jpgC'est la conclusion d'une étude très intéressante, qui  a établi l'existence d'une relation inverse entre élévation dans la hiérarchie sociale et éthique des comportements individuels. Autrement dit, plus on est riche, plus on est susceptible de mal se comporter.

L'équipe de chercheurs américains et canadiens a mené sept protocoles expérimentaux différents, qui concluent tous dans le même sens.

Par exemple, ils se sont postés à un carrefour, et ont observé les véhicules pris en flagrant délit de priorité. De la même façon, ils ont relevé les situations dans lesquelles un piéton engagé sur un passage protégé se fait couper la route par une voiture.

Dans ces deux cas, la corrélation est très grande entre le forcement de passage et la cherté de la voiture (les voitures ont été classées en cinq catégories, d'épave roulante à berline de luxe). A titre d'illustration, qui ne s'est jamais indigné de la discourtoisie de ces 4x4 géants, à la propreté impeccable, qui encombrent nos rues, et utilisent leur qualité de tout terrain à la seule fin de se garer sur un trottoir ou un terre-plein?).

Comme on peut avoir une belle voiture sans être forcément riche, d'autres expériences ont été menées à partir de questionnaires présentant divers scénarios d'atteinte d'objectifs au prix d'une entorse morale : captation d'un bien de manière indue, mensonge lors d'une négociation, caution d'une faute dans le cadre professionnel ...

Après des centaines de réponses, une corrélation apparaît évidente entre le statut social et la capacité à enfreindre l'éthique.

Une dernière expérience a consisté à proposer à 200 personnes un jeu informatique simple, consistant à lancer des dés et gagner une somme d'argent si le score dépassait un certain chiffre. Le jeu était pipé, et ce score ne pouvait pas être atteint.

Pourtant, les plus riches l'ont atteint, n'hésitant pas à tricher pour gagner.

La raison alors de ce lien entre hauteur sociale et bassesse morale ? La cupidité.

La cupidité qui fait mettre son mouchoir sur les principes, qui fait étouffer les scrupules, qui fait préférer la réussite au respect de principes moraux.

Ainsi l'explication de la réussite sociale ne s'expliquerait pas tant par la qualité intellectuelle de ceux qui réussissent, que par la cupidité qui permet de s'asseoir sur les valeurs morales.

cupidite-copie-1.jpgUn PDG parachuté qui se fait rémunérer plusieurs millions d'euros par an, sans avoir jamais fait ses preuves, et qui en plus assure ses arrières par un parachute doré, a-t-il la moindre valeur morale? Comment peut-il avoir une telle estime de soi qu'il pense mériter de gagner en un mois ce que deux smicards ne gagnent pas durant toute une vie de travail? Quelle éthique a ce même PDG qui peut épargner en un mois plus qu'un salarié moyen dans toute une vie, et en même temps mégoter quelques euros d'augmentation, demander aux salariés de travailler plus pour gagner pareil, supprimer les emplois en France pour les transférer dans des pays à bas coûts au seul but d'augmenter le taux de profit pour plaire aux analystes, aux actionnaires et accroître ses bonus?

Aux cupides, pouvoir et fortune. Aux autres, classe moyenne et bénévolat.

Pourtant ce qui fait le plaisir de vivre dans une société, ce n'est pas tant l'âpreté au gain des plus riches, que le dévouement dans la vie associative.

La cupidité a existé de tout temps, châteaux, bateaux, oeuvres d'art et autres rollex sont là pour l'attester, mais le jour où elle sera universelle, le monde sera devenu invivable. 

Rédigé par jdio

Publié dans #notre temps

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