Apple - l'après Steve Jobs

Publié le 5 Septembre 2011

Apple - un géant fort et faible à la fois.

 

jobs.jpgApple a été plusieurs fois au bord du gouffre, il s'est redressé à chaque fois grâce au génie de son fondateur, Steve Jobs, pour devenir le numéro 1 sur ses produits.

Un exemple qui s'oppose à la décision du président d' HP de céder le coeur d'activité de son Groupe.

Mais Léo Apotheker n'est certainement pas Steve Jobs, créateur et innovateur dans l'âme,  visionnaire, et ne perdant pas de vue l'objectif premier de l'entreprise : vendre un produit qui répond aux besoins du client.

Steve Jobs est un industriel, Léo Apotheker un joueur de Monopoly.

Le remplaçant de Steve Jobs est Tim Cook. Il a cinquante ans, et treize années de présence chez Apple. Il connaît l'entreprise, ses points forts, ses points faibles, ses hommes et ses femmes.

Il aura deux défis :

Apple est condamné à l'innovation permanente. 

Pionnier sur ses produits, Apple devient vite n°1. Mais comme partout, la concurrence revient rapidement à niveau, et la course effrénée se poursuit sans fin.

Avec pour Apple une difficulté supplémentaire née d'un choix fort de la Société : ne pas rendre publics ses codes sources. C'est le choix originel d'Apple, qui le condamne à toujours innover pour exister. Ses concurrents Microsoft et Google ont fait les choix inverses, et gagnent beaucoup d'argent en vendant leurs licences. Pas Apple. Le micro-ordinateur Apple est sans doute le meilleur du monde grâce à un système d'exploitation que Microsoft s'efforce d'égaler depuis des années. Pourtant  Windows équipe 90% du parc micro mondial, Apple seulement les PC des esthètes et des graphistes. L'i-phone et l'i-pad sont des inventions d'Apple et dominent encore aujourd'hui leur marché, mais le système d'exploitation de Google, Androïd, est en passe dès aujourd'hui d'équiper plus d'appareils que le système d'Apple.

Demain, la part de marché de l'i-phone sera comparable à celle d'Apple dans la micro.

Avec cette option originelle, Apple est condamné à l'innovation perpétuelle.

Trop riche pour rester lucide ? 

jobs---cook.jpgTim Cook reçoit un beau cadeau de bienvenue pour succéder à Steve Jobs : un million d'actions Apple, soit au cours d'aujourd'hui une fortune de près de 400 millions de dollars, qui sera débloquée par moitié en 2016 et 2021.

De quoi inciter Tim Cook à s'inscrire dans la durée, dira-t-on. Certes.

Mais peut-être aussi de quoi le rendre fou devant de telles sommes. On sait que l'intérêt de l'entreprise peut diverger de la préoccupation d'augmentation à court terme du cours de l'action. Quelle chance aura Tim Cook  de garder la tête froide quand il aura à prendre une décision qui correspondra à l'intérêt de l'entreprise dans la durée, mais à l'effet immédiat défavorable en bourse ?

Les stock-options et autres distributions d'actions ont été inventées pour impliquer les dirigeants dans l'entreprise, à l'instar des chefs d'entreprise propriétaires de leur affaire. Mais avoir individuellement un pourcentage infime d'un grand Groupe ne donne pas la mentalité du chef d'entreprise, pour qui l' entreprise est un bien familial qu'il a créé ou reçu en succession. Le détenteur d'actions du grand groupe a toujours la vente en perspective.

Ne pas être aveuglé par tous ces millions, c'est un des défis qu'aura à relever Tim Cook, pour toujours privilégier l'intérêt de l'entreprise par rapport son intérêt personnel de détenteur d'actions. Contrairement au voeu des initiateurs de l'actionnariat des dirigeants, la vision des salariés s'inscrit  plus naturellement dans la durée que celle du top management qui butine de groupe en groupe.

Ce sera d'autant plus important pour Apple, que la création et l'innovation auxquelles il est condamné pour survivre impliquent des décisions stratégiques lourdes, toujours coûteuses à court terme, et aux  résultats incertains à moyen terme. Ce que détestent les marchés.

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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