ah! si Ubu il voyait ça !...

Publié le 6 Décembre 2011

Standard & Poor's a encore sévi, en annonçant la mise sous surveillance "avec implication négative"des 17 pays de la zone euro.

Elle menace par ailleurs d'abaisser la note des pays AAA, parmi lesquels la France. Rien de moins! Et le collègue Moody's d'annoncer qu'il allait suivre.

ubuAu pays d'Ubu.

La raison officielle est la menace de récession qui pèse sur la zone euro, conséquence des mesures d'austérité que les pays de la zone tentent de prendre avec plus ou moins de difficulté. Ces mêmes mesures d'austérité que les agences de notation réclament à cor et à cri depuis plusieurs mois. C'est Ubu roi.

Le système libéral est arrivé à son point ultime d'absurdité, avec des marchés, notamment financiers, qui dominent le monde. On a semé un libéralisme forcené, une globalisation des marchés et une libération totale des mouvements de capitaux; on récolte la domination du monde par ces mêmes marchés et quelques uns de leurs acteurs les moins scrupuleux : banques d'investissement, spéculateurs, paradis fiscaux, agences de notation.

Ces dernières, ne l'oublions pas, ne sont guère que des grosses officines commerciales américaines de renseignements commerciaux sur les entreprises, qui ont su prendre le bon virage stratégique en notant les banques et les États (plus hypocritement, ce ne sont pas les États qu'elles notent, mais les créances émises par les États) et profiter des nouvelles perspectives apportées à leur business par la mondialisation.

Alors il est vrai que la situation de la zone euro n'est pas la meilleure qui soit, que les principes de gestion de père de famille ont été méprisés, et que l'Europe a un double vrai problème de gouvernance et de compétitivité, intra et extra zone. Il reste que la solvabilité de l'Europe n'est pas en cause, et que le pouvoir de mettre le monde à feu et à sang ne doit pas appartenir à des officines commerciales. En dégradant la zone euro, les taux d'intérêt de la dette risquent d'augmenter, accentuant les déficits de la balance des paiements et des budgets, aggravant encore la récession. Qui se propagera au monde entier, l'Europe étant un grand client de l'Asie. D'ailleurs les usines chinoises commencent déjà à en sentir les effets.

Un monde sous dépendance.

Il peut paraître inconvenant de s'en prendre au juge et non au criminel. Mais quand le justice perd son bon sens et pratique l' acharnement, il devient inquisiteur et chasseur de sorcières.

Le monde entier est dorénavant entre les mains de ce qu'on appelle commodément les marchés, ensemble informe fruit de la libéralisation des mouvements de capitaux mis en oeuvre ces vingt dernières années. Ils sont composés d'acteurs aux objectifs divers, les meilleurs comme les pires, qui agissent via des salles de marché situées dans toutes les places financières du monde, au travers de produits financiers pouvant être d'une complexité rare et de sociétés plus ou moins fictives situées dans les paradis fiscaux. Le monde est à eux, et les États sont devenus impuissants. Notre prospérité économique et même nos démocraties en dépendent dorénavant.

On est arrivé au bout du système, on voit que le "tout libéral" ne marche pas. Comme le dit JP Chevènement, il est grand temps de réintroduire un peu de viscosité si on veut sauver nos démocraties et notre prospérité.

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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