Abbaye de Fontevraud

Publié le 14 Octobre 2011

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Elevée aux confins de l'Anjou, de la Tourraine et du Poitou, l'abbaye de Fontevraud est l'un des plus importants ensembles monastiques subsistant en France.

Lovée au coeur des vignes, Fontevraud décline son élégante architecture dans la blancheur calcaire de la pierre de tuffau.

Elle a fait l'objet ces dernières années de très importants travaux de restauration, qui en font aujourd'hui un centre culturel vivant, associant histoire, idées et création, via des conférences, débats de société, concerts, expositions, résidences d'artistes, ateliers ...

Histoire

L'ordre fontevriste fut créé par  Robert d'Arbrissel (1045-1117). Après avoir vécu en ermite dans la forêt de la Mayenne, il reçut du pape Urbain II la mission de prêcher dans l'ouest de la France. Bientôt entouré de nombreux disciples des deux sexes, il installa une communauté double (différente de mixte).

fontevraud-plan.jpgDès l'origine, la communauté se distingua des autres en accueillant dans cinq bâtiments distincts (cf. plan ci-contre) des prêtres et frères lais (St Jean de l'Habit), des religieuses contemplatives (Ste Marie), des lépreux (St Lazare), des malades (St Benoît) et des soeurs laies (Ste Marie-Madeleine).

Chacun de ces cinq couvents mène une vie autonome, et possède son église, son cloître, sa salle capitulaire, ses dortoirs et réfectoires, ses fours.

Comme prévu par Robert d'Arbrissel, l'ensemble de l'organisation sera dirigée par une femme, qualifiée de "chef et générale de l'Ordre", jusqu'à la Révolution.

Le Nouvel Ordre va connaître un succès rapide, et  vite prendre un caractère aristocratique sous la domination d'abbesses de haute lignée, qui vont procurer à l'Abbaye puissance et protection.

Les Plantagenêts prennent l'Abbaye sous leur protection, et une dizaine d'entre eux la choisiront comme lieu de leur sépulture, dont Henri II, son épouse Aliénor d'Aquitaine, et leur fils Richard Coeur de Lion..

Fontevraud sera le refuge des reines répudiées, des filles royales ou de grandes familles, qui s'y retireront, de gré ou de force.

Des périodes de relâchement survinrent, les moines ne voyant pas toujours d'un bon oeil d'être gouvernés par des femmes, mais des abbesses énergiques surent toujours redresser la situation, telle Gabrielle de Rochechouart de Mortemart, soeur de Mme de Montespan.

A u XVIIIè siècle, 75 prieurés et une centaine de domaines relevaient de Fontevraud.

La profanation

L'Abbaye dut subir le vandalisme des huguenots en 1562.

En 1792, les révolutionnaires supprimèrent l'Ordre, et détruisirent entièrement le prieuré des moines.

En 1804, Napoléon transforma le monastère en prison centrale, fonction qui fut dévolue à un certain nombre d'abbayes. Jusqu'à 2000 prisonniers s'entassèrent dans cette prison, qui avait la réputation d'être une des plus dures de France. Jean Genet évoquera les conditions carcérales à Fontevraud dans son roman Miracle de la rose.

Elle fut désaffectée en 1963, l'abbaye joua donc le rôle de geôle plus de 150 ans.

L'Abbaye

L'église abbatiale

Cette vaste église du 12ème siècle avait été divisée en plusieurs étages de dortoirs au temps du pénitencier ! 

On est surpris par la hauteur des colonnes, l'abondance de lumière qui caractérisent cette église, bâtie sur le modèle des abbayes bénédictines pour le transept et le choeur.

On peut voir les gisants polychromes des Plantagenêts, comprenant Henri II et son épouse Aliénor d'Aquitaine, leur fils  Richard Coeur de Lion, et leur bru, Isabelle d'Angoulême, épouse du fils cadet, Jean sans Terre.

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Le cloître Ste Marie

C'est le Grand cloître ou couvent des religieuses, couvert de voûtes Renaissance, à l'exception de la galerie méridionale, encore gothique d'inspiration.

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La salle capitulaire
On y entre à partir du Grand cloître, par une porte richement sculptée des armoiries gravées de la famille des Bourbons. La salle capitulaire est décorée de peintures murales du 16ème siècle, où sont représentées des abbesses de Fontevraud.

 entrée salle capitulaire
  la salle capitulaire, aux fresques mirales du 16ème siècle
 
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La cour St Benoit

C'est la partie anciennement réservée aux malades.

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Le réfectoire et les cuisines

Le réfectoire est une salle longue de 45 mètres, aux murs romans, couverte d'une voûte gothique.

La cuisine de Fontevraud surprend par sa toiture piquée de nombreuses cheminées. Son ampleur s'explique par l'importance de l'abbaye au temps de sa splendeur. Le nombre de cheminées trouve sa justification dans le fait que la cuisine servait aussi de fumoir pour conserver viandes et poissons.

 le réfectoire
 les cuisines
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L'Abbaye comprend un ensemble hôtelier. C'est l'ancien prieuré St Lazare, dédié aux lépreux (voir plus haut).

Il comprend une chapelle à laquelle il est possible d'accéder, et un très petit cloître, qui sert de restaurant d'été.

 

L'Abbaye s'étend sur un domaine total de 14 hectares. Il faut prendre le temps de flâner à l'ombre des cloîtres, de parcourir les jardins, d'errer dans le dédale des galeries.

Ce monument ambitieux qui, érigé en 1101, donna le pouvoir aux femmes, est aujourd'hui Centre Culturel de Rencontre, ambassadeur du Val de Loire, patrimoine mondial de l'Unesco.

Lieu magique, il est incontournable sur la route des châteaux de la Loire.

Les châteaux de la Loire.

Le diaporama

Rédigé par jdio

Publié dans #escapades

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